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15 janvier 2015

Jacques Laurent ou le Joyce français

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11 décembre 2014

Agnotologie

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Agnotologie.

 

Un nouveau vocable appris ce jour en sirotant un café éthiopien chez Aksoum (http://www.aksumcoffeehouse.com/) et en lisant le Monde diplomatique, gracieusement mis à ma disposition : créé par un  professeur de Stanford, le terme désigne cette science de l’ignorance (au service, qui l’eût cru, d’un néo-capitalisme libidinal – merci mai 68) qui consiste à organiser le brouillage intégral des repères, à entretenir un obscurantisme hargneux, tout cela pour vendre du tabac synthétique ou du vin soufré, pour détruire l’école publique, pour…

 

Agnotologie. De quoi transformer un fringant conservateur (Votre serviteur) en Garde rouge – ou plutôt en Garde blanc (les épaulettes, le style...).

 

« Il faut, contre cette société, constituer une force de combat, libre de toutes les vieilles doctrines, un corps-franc".» dixit Drieu (Gilles).

 

Sabre au clair !

 

 

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26 novembre 2014

Livr'Arbitres

 

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Livr’Arbitres

 

La parution de la quinzième livraison de Livr’Arbitres, n’est-elle pas l’occasion rêvée de se pencher sur cette « revue littéraire du pays réel », née, si je me souviens bien, en pays messin  vers la fin de l’autre siècle. Je dois conserver quelque part dans mes archives un exemplaire du Baucent, sympathique brûlot d’esprit « hussard », un polycopié réalisé avec les moyens du bord par une phalange d’étudiants, parmi lesquels Patrick Wagner, l’actuel directeur de Livr’Arbitres (http://livr-arbitres.com/), et le cher Laurent Schang, ceinture noire d’aïkido et l’auteur de quelques livres singuliers. En quinze ans, si l’un et l’autre ont vu se dégarnir leur front altier, ils n’ont toutefois rien perdu de leur enthousiasme ni de leur insolence. D’inspiration maurrassienne (la référence au pays réel) et néo-conservatrice au sens large, la revue s’est plu à saluer les grands anciens, non sans risquer, il est vrai, de se cantonner au rôle de musée de la droite littéraire : ont eu droit à des numéros spéciaux Blondin, Aymé, Chardonne, Laudenbach, Sentein, aujourd’hui Haedens et demain le délicat Fraigneau. On songe, en moins théorique (littérature d’abord !) à la défunte revue Réaction (1991-1994) ou à Les Epées, qui brandirent chacune l’étendard des non-conformistes des années 30, celui d’une rébellion aristocratique.

Livr’Arbitres  a opté pour des textes courts, parfois trop à mon goût, critiques de livres, nouvelles (inégales) et bien sûr dossiers fournis. Aux grands ancêtres cités plus haut s’ajoutent des thèmes tels que la tauromachie, le dandysme, la Russie… Au large du siècle, non sans panache... et avec une jolie maquette. Ce sympathique cénacle organise des soirées très courues, où l'on boit du chinon en baratinant des lectrices au sourire ensorcelant.

Parmi les signatures actuelles, qui sont autant d’autorités « morales » (guillemets de rigueur), le ronchon Alain Paucard, l’archiviste Francis Bergeron, Michel Mourlet, l’ancien directeur de Matulu, le cinéphile Philippe d’Hugues, le très-pacifiste Laurent Schang, encore lui, qui parle si bien de son maître Jean-Jacques Langendorf, l’auteur d’un livre talisman, Un Débat au Kurdistan, magnifique récit d’une mission avortée dans la Syrie des années 30. Quelques signatures de petits jeunes aussi, dont une qui m’est chère, celle du punkissime slavo-new-yorkais Thierry Marignac, un boxeur à suivre, dont je ne résiste pas à citer l’extrait d’un programme qui est aussi le mien : « entêtement sur les chemins de traverse, singularité, refus sans appel de participer à la pornographie présente des Lettres ». Puisse Livr’Arbitres persévérer dans cette posture !

 

Christopher Gérard

 

 

03 novembre 2014

Désuet, Christopher Gérard ?

 

 

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Désuet ?

Dans sa note Osbert & autres historiettes, Loïc Di Stefano, du Salon littéraire, (http://salon-litteraire.com/fr/christopher-gerard/review/...) évoque, non sans gentillesse, le caractère désuet de ce livre, voire de mon style.

Désuet est introuvable dans Littré, car le mot n’apparaît qu’à la fin du XIXème, formé sur le participe du verbe latin desuesco : « je me déshabitue » (merci Gaffiot). Mais c’est tout moi, cela : déshabitué ! Je dirais même plus : décontaminé. J’assume, je persiste et signe : désuet, jusqu’au bout des ongles. Et même suranné, voire archaïque, que dis-je ? attardé. Car je m’attarde (en bonne compagnie) loin des blandices du siècle, je musarde tout en gardant à l’esprit que Littré disait des mots tombés en désuétude qu’ils peuvent difficilement être rayés de la langue vivante.  Désuet peut-être, mais coriace.

Écrit par Archaïon dans Mousquetaires et libertins | Lien permanent | Tags : désuet, littérature |  Facebook | |  Imprimer |

24 octobre 2014

De l'Elégance masculine

 

Julien Scavini, arbitre des élégances

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Excellente idée qu’a eue le jeune tailleur parisien Julien Scavini, de publier ses intelligentes réflexions sur l’élégance masculine sous la forme d’un album illustré avec goût, qu’il a intitulé Modemen, avec un clin d’œil aux amateurs de cette fameuse série US, Mad Men, qui a tant fait pour remettre à l’honneur une esthétique classique. Lorsque je lui ai rendu visite dans sa ravissante boutique située à quelques encablures des Invalides, Scavini m’a expliqué que, au départ, il avait une formation d’architecte et qu’il avait appris le métier de tailleur par la suite. Pourquoi avoir abandonné l’architecture ? La crise, et surtout une formation par trop cérébrale négligeant le goût et le bon sens au profit d’un radotage postmoderne (Bourdieu, Derrida & tutti quanti). Surtout : la passion du beau ; le goût des étoffes ; la volonté d’illustrer et de défendre une élégance intemporelle. Car Scavini tient clairement pour l’élégance anglaise, dans la lignée de l’illustre James Darwen, l’auteur d’un livre talisman, hélas épuisé, que tout gentilhomme a posé sur sa table de chevet, Le Chic anglais.

Modemen se présente comme un bel album dont toutes les illustrations sont de la main de l’auteur, dans un style que je rapprocherais de la ligne claire, celle d’Hergé. Pas une seule photographie donc, mais des dessins soignés… dignes d’un architecte (qui aurait désappris Bourdieu !). Scavini y répertorie les 101 basiques du vestiaire masculin, de la cravate aux souliers, en passant bien entendu par le costume, sa spécialité. Etoffes, cols, coupes et astuces, accessoires et détails de fabrication (le veston, entoilé ou, horresco referens, thermocollé ?), notre jeune spécialiste passe tout en revue sans dogmatisme aucun, toujours fidèle au goût classique - rien de trop -, mais sans jamais jouer au scrogneugneu ni au ringard. Bref, un ouvrage précieux, enrichi d’une liste d’adresses, malheureusement limitée à la seule Lutèce.

 

Christopher Gérard

 

Julien Scavini, Modemen, Ed. Marabout, 224 p., 16.90€

Voir le site et le blog de Julien Scavini : http://www.scavini.fr/

 

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James Sherwood, gentleman londonien

 

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The Perfect Gentleman ! Quel gentilhomme ne rêve d’égaler Oscar Wilde, Cary Grant ou l’actuel Prince de Galles,  ces modèles de classe et de raffinement ? Sous ce titre lumineux, James Sherwood, le spécialiste de l’élégance britannique - il est l’auteur de l’ouvrage de référence sur les tailleurs de Savile Row* - propose un album somptueusement illustré où sont reprises les trente maisons londoniennes qui comptent, ces maisons mythiques qui fournissent rois et princes depuis deux siècles et qui, aujourd’hui, connaissent une étonnante renaissance grâce à une clientèle exigeante qui ne veut plus d’une production de masse ni de ces « grandes marques » pour parvenus internationaux.

Tabac, fusils, portos, tweeds, chemises : tout l’univers fermé de l’upper class britannique ouvre un instant ses portes et révèle ses traditions d’excellence ainsi qu’un conservatisme de bon aloi, puisque ces entreprises, souvent familiales, préservent et développent un savoir-faire ancestral, allié à un redoutable sens du commerce. Grâce à ce Perfect Gentleman, nous savons (ou nous voyons confirmer ce que nous avions appris par ouï-dire, entre deux portos) où trouver le chapeau (chez Lock), la flanelle (chez Fox Brothers), le stilton ou la popeline, les parapluies victoriens et les costumes bespoke - c’est-à-dire taillés à la main sur mesure pour une personne qui a décidé de tous les détails, jusqu’aux plus invisibles. Comme le montre bien l’ouvrage, la quintessence du luxe anglais se trouve concentrée dans un espace unique au monde, celui de Picadilly et de St James, qui est aussi celui des clubs, où se croisent les ombres de Byron et de Brummell.

 

Christopher Gérard

 

James Sherwood, The Perfect Gentleman, Thames & Hudson, 222 pages, 38£

Écrit par Archaïon dans Mousquetaires et libertins | Lien permanent | Tags : élégance, dandysme |  Facebook | |  Imprimer |