Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06 novembre 2018

Le Prince d'Aquitaine

1507-1.jpg

 

 

Une grande pudeur doublée d'une lucidité désenchantée, le tout servi par un style d'une élégance rare.

Olivier Maulin

*

Ce texte qui a l'impassible et admirable vibrato du vécu (...). Livre concis, écrit à la cravache, terrifiant !

Christian Dedet

 

*

Une âme sensible, écorchée vive, mais simultanément courageuse, prête - pour reprendre la formule finale - à s'élancer hors de la tranchée.

Gabriel Matzneff

*

Une lecture éprouvante et plaisante (plaisante puisque éprouvante), comme le sont les lectures qui comptent, lecture où l’on pénètre dans les zones de l’existence que tout écrivain digne de ce nom se doit d’arpenter : la honte, le ressentiment, la rancœur, la violence, la solitude.

Patrice Jean

*

L'élégance de n'en pas trop dire, de savoir s'arrêter où il convient.

Arnaud Bordes

*

Une maïeutique princière d’Aquitaine, certes, mais aussi de Danemark, selon les voies sinueuses et droites de la géographie poétique, et les moyens impériaux de la puissante brevitas ; un récit d’initiations, une renaissance cathartique - donnée pour telle - dont la petite musique, douloureuse et gaie, emporte.

Rémi Soulié

*

Une valeur sûre de la rentrée. (...) Son  style pénétrant, son érudition latine, ses vestes en tweed et ce détachement quasi-aristocratique font (de C.G.) un auteur précieux car inclassable".

Thomas Morales

*

Un livre nervalien où Drieu la Rochelle, celui du Feu-follet et de Récit secret, aurait trouvé sa part. Un grand livre.

François Bousquet

*

Avec Le Prince d'Aquitaine, référence obligée au poème de Nerval, il livre un étonnant portrait de son père - flambeur, flambant & flambé -, et explique, au gré de souvenirs d'enfance qui restituent à la perfection ce qu'il faut déjà appeler une "fin de siècle", sa propre "difficulté d'être". L'ensemble est beau et sobre. Christopher Gérard émeut par une sincérité contenue qui ne fait pas abstraction du style. On est dans La Lettre au père de Kafka, revue et corrigée par Drieu la Rochelle. Emotion garantie.

Stéphane Barsacq

 *

Dans ce qui restera, comme une œuvre marquante, sa version de La Fêlure, Christopher Gérard — par son évocation d’un  père essentiellement absent, occupé à la dilapidation des ressources et au saccage de la filiation — nous parle de tout autre chose : l’hébétude des fils que nous étions, devant la génération la plus narcissique du monde connu, sans vergogne et sans amour. Des brumes d’Ostende, où une grand-mère lui transmet, gamin naïf et affectueux, au soleil de Capri, dans des réceptions capiteuses dont le gamin narrateur s'émerveille en dépit des querelles qui éclatent au petit bonheur des égarements du père à la dérive, Dolce Vita — actrices, ambassadeurs, vieux dignitaires mussoliniens — jusqu’aux aux aubes glaciales de Bruxelles hivernale, où le père flambeur, débauché et sans scrupules, compromet sa famille, entouré des truands, mercenaires et demi-mondaines du Bruxelles de la grande époque, Christopher Gérard dessine en effet un destin et une révolte — (...) — nous étions réfugiés politiques au pays du dandysme et de la politesse du désespoir. Cracher, seulement cracher, mais mettre tout le Niagara dans cette salivation,  disait notre cher Drieu à propos de Céline. C’était notre mission, Christopher Gérard la remplit ici avec éclat et mélancolie. Son règlement de comptes avec le père n’en est pas un, juste un compte-rendu d’amour absent. (...) 

Non, Christopher Gérard  a écrit un roman, un drame de mots construit sur la tension entre ses personnages, illuminé par les fulgurances d’un style limpide — la pureté de la langue de Christopher !… —  dans lequel, quoiqu’ayant horreur des récits d’enfance, je me reconnais.

À lire sans délai.

Thierry Marignac

 

*

A travers les confidences d’un Européen à son père, la déchéance et la renaissance de notre civilisation nous apparaissent fugitivement, comme à la lumière d’un éclair. Car le récit tout entier est une figure de style : une synecdoque, du drame familial à la tragédie d’un peuple. Le descendant, s’exprimant à la première personne, parle pour les enfants du siècle, et l’écho de sa plainte aiguë et contenue tremble comme le manifeste implacable de l’Europe éternelle contre la modernité vaincue, un père failli et pourtant omniprésent.

Les ressources du style romanesque offrent à cette poignante catilinaire un tour élégant et l’enrichissent de détails qui chacun invite à la rêverie ou à la réflexion. Le narrateur s’avère bien un émule du Desdichado de Gérard de Nerval, auquel fait référence le titre du roman. Sa traversée de l’Achéron vers la rive de Vénus et du Soleil invaincu, c’est le cheminement incertain d’Europe au-delà du siècle maudit, au-delà de ses mutilations et de ses intoxications. (...)

Le Prince d’Aquitaine plaira sans doute aux esthètes, et non moins aux hommes d’action. Puisse-t-il inspirer les lecteurs à être l’un et l’autre ! C’est le mérite que l’on peut attendre d’un roman qui célèbre une paix profonde, obtenue par un noble combat : inviter chaque Européen à affronter son destin, et renouer avec lui.

Thibaud Cassel

 

*

D’une part, instruire le procès d’une génération désenchantée, qui a manqué au devoir de transmettre à la suivante le sens d’une certaine dignité, du tragique et, plus fort encore, du bonheur à être au monde. D’autre part, poser un acte littéraire, en affirmant que la construction d’un individu reste possible quand bien même celui qui l’a lancé dans l’existence lui dénierait toute qualité.

Frédéric Saenen

 

*

**

 

Un fils s’adresse à l'ombre de son père et, ce faisant, dresse un portrait cruel d'une génération tout en évoquant avec une certaine nostalgie le monde d’avant – celui des années 50 à 70. En chemin, il retrace un triple parcours spirituel, esthétique et moral étalé sur un siècle et qui prend sa source à l’automne 1914, quand un obus allemand fracasse le destin de sa lignée.

Méditation sur la résilience et sur les blessures transgénérationnelles comme sur la faillite d’une époque, Le Prince d’Aquitaine est un roman à la veine blasonnée et secrète, qui témoigne d'un cheminement douloureux et stoïque pour... le meilleur du talent.

Réflexion sur le dandysme et sur la vision tragique de l’existence, où le lecteur croisera Drieu, Stendhal et Léautaud, Le Prince d'Aquitaine est aussi un roman initiatique, fruit de réminiscences et d’observations.

 

*

 

 Incipit 

 

 

"Toi et moi, nous sommes le fruit des épousailles du sable et de l’acier.


En septembre 1914, sous les remparts d’Anvers, une salve d’artillerie décida de notre destin à tous les deux, quand, pulvérisant la tranchée où il se terrait avec son peloton, elle fit de Fernand Elysée ***, mon grand-père, ton géniteur, le héros de la famille, le Grand Invalide.

Enterré vivant, le beau Fernand ne dut son salut qu’à la présence d’esprit d’un brancardier qui, au passage, aperçut un bras émergeant encore tiède des décombres.

Au milieu des explosions, sous la mitraille, ce brancardier prit le risque de dégager le corps écrasé de ton père, assurant ainsi à notre lignée un répit d’un siècle. Fernand se réveilla à Londres après des semaines de coma ; quant à ses camarades, oubliés, ils dorment encore dans l’argile, aux pieds de l’ancienne citadelle.


Finies les charges contre les Allemands : le jeune aspirant, si fringant dans sa vareuse, n’était plus qu’un infirme disloqué, cloué sur un lit du King Albert Hospital de Highgate, puis affaissé dans sa chaise roulante, comme sur cette photo prise à la Villa Léopold, au Cap-Ferrat en février 1917.

Un jeune guerrier foudroyé, à la bouche amère et aux traits creusés par l’épreuve. Couvert de médailles, et des plus prestigieuses, mais condamné dix ans durant à une totale immobilité, puis aux béquilles, à la pitié des femmes, aux morsures d’un dos fracassé. Un jour, Grand-Mère m’a dit qu’il était parvenu à connaître le nombre exact des fleurs du papier peint de la chambre où il se morfondait en pratiquant un peu de vannerie pour ne pas sombrer. J’imagine ton père gisant sur son lit, comptant les fleurs une par une, attendant des soins inutiles.


J’ai là sous les yeux l’album que lui offrit à Londres une amie anglaise, truffé de messages de compassion et d’espoir destinés au courageux aspirant de la salle III, tracés avec élégance à l’encre violette par ses infirmières – la princesse Henriette de Ligne ; Agnes Ryckers, de Boston ; bien d’autres dames du temps jadis, qui citaient Lamartine et Musset pour adoucir sa peine. De lire, ici et maintenant, ces noms de femmes qui, elles aussi, dorment de leur dernier sommeil, m’émeut davantage que ton trépas à toi. Absurde, n’est-ce pas, cette humidité qui me brouille le regard ?"

 

Une tragédie antique en trois générations

 

10710926_677805592315594_6580175887636415437_n.jpg

 

 

 

Écrit par Archaïon dans Opera omnia | Lien permanent | Tags : littérature, roman initiatique |  Facebook | |  Imprimer |

26 septembre 2018

Zenith

38118480_1856667181022713_5090796814366408704_n.jpg

 

Un extrait de "Zenith",

le chapitre XIX de mon roman Le Prince d'Aquitaine.

 

"Avec l'âge me venait un respect de soi, tardif certes, qui commençait à compenser bien des blessures anciennes et qui, surtout, joua le rôle de garde-fou contre ma vieille fascination pour l'autodestruction, cette vérole que tu m'avais transmise.

C'est à cette époque qu je me mis à collectionner les cravates, les pochettes et les costumes, en prêt-à-porter et en seconde main, sur mesure enfin. Ayant lu dans Balzac que "la cravate est à la toilette ce que la truffe est à un dîner", je me mis à déguster ces truffes, sans complexe et avec d'autant plus de jubilation que l'époque était au débraillé. 

Vulgaire et désenchanté, le monde contemporain m'était, je le savais depuis toujours, un exil : je choisis d'en contester les dogmes par l'affirmation de ma singularité ; je décidai de résister consciemment à une mise au pas générale que ma qualité de déclassé me permettait d'analyser avec une lucidité que ne posséderont jamais les adaptés.

De fils inconsolé et ténébreux, je me fis insulaire, donc souverain.

Finies les langueurs à la noix et la culpabilité, place à l'ironie et au détachement ! Le tweed, si possible irlandais, du Donegal, me servait d'armure dans ma croisade contre le déclin."

 

A paraître le 30 août aux éditions Pierre-Guillaume de Roux

 

littérature,dandysme

 

Écrit par Archaïon dans Opera omnia | Lien permanent | Tags : littérature, dandysme |  Facebook | |  Imprimer |

24 septembre 2018

Chambolle-Musigny

IMG_1511[1].JPG

Un extrait de "Chambolle-Musigny",

le chapitre XX de mon roman Le Prince d'Aquitaine 

 

"Le vin que tu m’avais fait connaître malgré toi, je l’apprivoisai, en digne suivant de Dionysos, dont j’étudiai le mythe et les rites. Ce Dieu du vin, de la vigne et de l’extase, issu d’une mortelle, à la fois hellène et thrace, ce Dieu errant et un temps pourchassé, me fascinait. N’avait-il pas gagné les Indes ? N’était-il pas suivi de Bacchantes en délire ? N’est-il pas, encore aujourd’hui, source d’inspiration ?

Le vin qui libère et asservit, je le bois, parfois sans mesure excessive, mais toujours dans la joie, par amour de la vie plutôt que du morne plaisir, avec l’Aimée, avec les amis, sans une once de tristesse."

 

A paraître le 30 août chez Pierre-Guillaume de Roux

 

1507-1.jpg

Pour plus d'information, voir ci-dessous sur Archaion

Écrit par Archaïon dans Opera omnia | Lien permanent | Tags : littérature |  Facebook | |  Imprimer |

20 août 2018

L'Estacade

ostende-phare estacade-ouest-02-1909.jpg

Un extrait du chapitre III, L'Estacade

 

"Par quel paradoxe une ville aussi décatie qu’Ostende m’a-t-elle laissé l’un des rares beaux souvenirs de mon enfance ?

(...)

 

De ce long séjour à la côte, je garde une vision qui m’accompagne depuis toutes ces décennies. J’ai longtemps cru qu’il existait des photos de ce moment particulier, mais j’ai dû rêver, ou alors, les photos ont disparu avec le reste à la mort de Grand-Mère, lors du pillage de son appartement. Nous nous promenons, elle et moi, sur la plage qui donne sur l’estacade. Moi je gambade, le cœur dilaté comme jamais plus. Lors de ce qu’elle appelait « les commissions », elle m’a offert un avion en carton avec, pour le projeter dans les airs, une sorte de catapulte. Elle tire et moi, infatigable, je galope à perdre haleine derrière l’avion qui virevolte dans le vent de novembre pour le lui rapporter, fier comme Artaban. Tel est le tableau : Grand-Mère et moi, sur cette plage déserte d’Ostende, le sable crissant sous nos pas, les mouettes qui nous surveillent du coin de l’œil - et cette joie inouïe, unique, qu’elle semble partager. Nous parvenons à l’estacade et, bien que le soleil soit fort bas, elle accepte que nous fassions, en vitesse, la promenade jusqu’au bout, jusqu’au petit phare au pied duquel se rassemblent quelques pêcheurs. La mer, grise et froide, une toile que nous contemplons sous une fine pluie, la main dans la main. Jamais, je ne t’ai parlé de ce moment, ni à toi ni à ma mère, encore moins à Grand-Mère avec qui je l’ai vécu, ce moment qui aura été l’un de ces talismans qui aident à vivre. Ostende m’a appris que le bonheur se compose de rares instants que l’esprit peine à saisir, si vite à jamais évanouis."

 

1507-1.jpg

 

 En librairie le 30 août 

Écrit par Archaïon dans Opera omnia | Lien permanent | Tags : littérature |  Facebook | |  Imprimer |

29 mars 2018

De bibliotheca mea

Biblioth. GERARD 3.JPG

 

Entretien avec Rony Demaeseneer,

e.a. bibliomane rimbaldien et agitateur littéraire,

sur ma bibliothèque

dans la dernière livraison du Carnet et les instants

(n° 198, pages 31 à 34),

la revue de la Promotion des Lettres.

 

https://fr.calameo.com/read/00552306121641c84eccf

 

 

 

Biblioth. GERARD 1.jpg

Écrit par Archaïon dans Opera omnia | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |