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05 juin 2016

Indra Song

littérature

 

 

« Les temps peuvent venir où les rapides sabots des coursiers barbares claqueront sur les décombres amoncelés de nos villes. »

Ernst Jünger,La Guerre comme expérience intérieure

 

La scène se passe en août 2014 dans le bureau du Président de l’hyperpuissance. Sont présents quelques membres triés sur le volet du Conseil de Sécurité : David B***, le tout-puissant chef de la police secrète ; Edward S***, le responsable occulte de Rubicon, le programme de guerre électronique ; le général Timothy W***, le dirigeant le moins corrompu du complexe militaro-industriel. Outre deux ou trois assistants qui ont juste le droit de servir les cookies et le café équitable, participe aussi à cette réunion Lord Gibbon, l’ambassadeur de Grande-Bretagne. Lui, à petites gorgées, boit du thé de sa réserve personnelle, un Ging biologique, first flush. Sans lait.

Tous transpirent abondamment en raison d’une panne générale du système de climatisation.  Tous, à l’exception du Britannique, ont déjà tombé la veste et défait leur nœud de cravate. De l’ordinateur présidentiel, sur lequel se fixent tous les regards, s’échappe une voix mélodieuse qui scande une étrange mélopée : Aum, Hana Hana, Daha Daha, Paca Paca…

-        Qu’est-ce que c’est que ce charabia  ? lance le Président d’un ton rogue en défaisant avec élégance ses boutons de manchettes Brooks Brothers. David ?

-        Je…Je l’ignore, Monsieur le Président, bredouille le Juif de Brooklyn - cent kilos de mauvaise graisse et d’intelligence pure. Ce truc passe en boucle depuis trente-six heures sur tous les réseaux, sur toutes les radios, tous les écrans du monde. Même sur CNN, malgré toutes nos pressions.

-        Mais encore ? Le sens de ces mots ? s’exaspère le Président. Enfin, David, vos services nous coûtent des centaines de milliards et vous ne savez rien !

-        Du sanskrit, susurre Lord Gibbon, l’air ennuyé. La langue sacrée de l’Inde, précise-t-il pour l’assemblée, qui tombe des nues. Une invocation, ou ce que les Indiens appellent un mantra. Une formule mentale qui…

 

Timothy, le chef du renseignement militaire, Viking aux yeux trop pâles, interrompt sans ménagement le diplomate :

-        Monsieur le Président, ces macaques tentent de contrôler nos systèmes de défense, j’en mettrais ma main au feu. Je préconise une réaction foudroyante : une pluie de missiles Clinton III et on n’en parle plus. On vitrifie d’abord, on discute sanskrit machin-chose ensuite.

-        Du calme, Timothy. Ne me dites pas que vous envisagez sérieusement de rayer un continent de la carte ! Comme cela, au petit déjeuner ? ironise le Président.

-        Hé, cela nous débarrasserait d’un concurrent… Et comme les Chinetoques sont sans doute dans le coup…

-        Encore un coup de Téhéran, oui ! éructe un David rouge de colère.

 

Frais comme une rose, Lord Gibbon reprend la parole, ses mains manucurées posées devant lui sur le bureau en acajou :

-        Gentlemen, il s’agit d’une invocation à Indra, le Dieu indien de la guerre, dont le refrain, que vous entendez, signifie : « Tue, tue ! Brûle, brûle ! Mange, mange ! ». D’après les analystes du MI 7, la voix est celle d’un brahmane de Bénarès.

-        Mais à quoi cela rime, cette chanson ? demande le Président.

-        Vous avez raison de parler de chanson, Monsieur le Président, le mantra, comme dit Lord Gibbon, a fait le tour du monde sous le nom d’Indra Song. Les foules en délire le scandent sans même le comprendre, comme hypnotisées, précise Edward, qui, bien à regret, sort de son mutisme.

-        Une conspiration ?

-        Pas le moins du monde, Monsieur le Président, poursuit Edward. C’est très probablement notre nouveau drone de guerre électronique, vous savez le prototype Arès. Navré d’en parler devant Monsieur l’Ambassadeur, qui n’est pas habilité, mais il y a péril en la demeure.

-        Vous ne croyez pas si bien dire, old sport, rétorque Lord Gibbon. Quant à Arès, nous étions au courant depuis le début, rassurez-vous. Vos centres de recherche étaient truffés de taupes…

-        Dites, Gibbon, intervient David, et vos services de renseignements, une belle bande de tap…

-        Je croyais que ce drone était encore expérimental, coupe le Président, qui n’apprécie que modérément ce déballage.

-        En fait, Monsieur le Président, il semble que notre drone, qui comme vous le savez est indétectable, invisible et, grâce à son moteur à oxygène, autarcique à cent pourcents, eh bien, il semble, oui, qu’Arès ait décollé avant-hier de notre base secrète du Colorado. Sans en avoir reçu l’ordre de quiconque. Depuis lors, il a disparu dans la stratosphère… Il tourne en émettant cet incompréhensible message.

-        Arès a échappé à ses maîtres, persiffle Lord Gibbon en vidant sa tasse de darjeeling.

-        Mais à la fin, qui contrôle donc cette satanée machine ? implore le Président. Timothy ?

-        Personne de connu, Monsieur le Président. On a cru un moment que c’étaient des hackers belges qui étaient derrière ce… cette catastrophe. On leur envoyé une équipe en urgence pour, disons, les traiter, mais Arès a poursuivi sa route.

-        Vous voulez dire…

-        Oui, Monsieur le Président, un drone de combat indétectable vogue dans l’espace ; toutes les trois minutes, il modifie son plan de vol de manière aléatoire. Il émet sans discontinuer Indra song. Et personne ne le contrôle : ni Washington, ni Moscou, ni Pékin.

-        Les Français ? risque David, qui ne suscite qu’un rictus nerveux du Président.

 

Tous pâlissent et, dans le salon ovale, la température augmente encore de quelques degrés. Au loin, on entend, l’une après l’autre,  mugir des sirènes. La gorge nouée, le Président se lève et pose la question qui lui brûle les lèvres : Arès est-il armé ?

-        Non, Monsieur le Président, c’est une arme de guerre électronique, explique Edward. Pas besoin de missile.

-        Comment cela, pas besoin ?

-        Je crains, intervient le Britannique, qu’Arès soit en train de prendre le contrôle du cloud dans sa totalité. D’où la panne générale de la toile et des réseaux, qui stupéfie le monde. D’où cette folie bestiale qui dévaste nos cités. Oui, Arès contrôle non seulement le Pentagone, mais aussi tous les autres centres de commandement : l’OTAN, Tel-Aviv, Rio de Janeiro, même Londres, hélas ! Arès déclenche le feu là où bon lui semble. Se tournant vers le Président, il précise : la preuve, Téhéran n’existe plus. Depuis une heure. Comme Shanghai, Karachi et Le Caire. Même San Francisco…

-        San Francisco ? Détruite par notre machine, mais c’est de la folie ! hurle le Président, les yeux hors de la tête.

-        Pas une machine stricto sensu, plutôt la fine fleur de l’intelligence artificielle possédée par, comment dire ?, une entité. Une Puissance sans visage. Indra commande, je le crains.

-        Oui, s’empresse de signaler David, comme pour rentrer à nouveau en cour, nos agents à Delhi ont capté des messages affolés du Haut-Commandement. Je commence à comprendre, maintenant.

-        Et ?

-        On dirait que les Indiens ont commencé à offrir des sacrifices de chanvre et d’encens. À cet Indra. Nous croyions que c’était un code.

-        Que disent les Russes ?

-       

-        Accouchez, David !

-        Ils ont rappelé des chamanes de Sibérie. Ils sacrifient des chevaux à, comme s’appelle-t-il encore celui-là ? fait David en consultant sa tablette portative, qui, dans un chuintement ridicule, vient de rendre l’âme.

-        Perun, laisse tomber Lord Gibbon avec un geste fataliste, le regard ailleurs. Perun le Terrible. Le frère slave d’Indra et d’Arès aux noires prunelles. Le destructeur des murailles, le pourvoyeur des charniers, le déstabilisateur des nuages. Le Dieu du carnage.

 

Tous se taisent et tentent de digérer la nouvelle. Assourdis par les murailles blindées du salon ovale, des tirs d’armes automatiques et des explosions se font entendre dans le lointain. De l’ordinateur présidentiel continue de s’échapper l’obsédant mantra : « Aum, Hana Hana, Daha Daha, Paca Paca ». Les secrétaires présents se prennent même à le murmurer.

-        Mais enfin, Gibbon, vous qui semblez comprendre ce qui se passe, expliquez-moi, supplie le Président. C’est un cauchemar !

-        Un cauchemar pour vous. Un rêve pour Indra, Perun, Mars ou Arès, quel que soit le nom que lui donnent les mortels. Le Dieu de la guerre a asservi les nuages. De là, il contrôle les consciences. Gentlemen, Arès le Tueur, le Dieu aux mille vautours, le Guerroyeur infernal, s’est emparé du monde.

-        Comme… Comme en 14, bégaie Edward en retirant ses lunettes trop grandes.

 

Soudain, le sol tremble et une fine poussière s’insinue dans le salon ovale, où les lumières se sont éteintes. Plus aucune machine ne fonctionne, mais un chant - Indra Song - retentit dans le couloir, entonné à pleins poumons par une troupe qui défonce la porte blindée. Une douzaine de jeunes guerriers, à la souplesse de panthères, au regard halluciné, des mercenaires de Blackwitch empestant la sueur et le sang, qui, toutes races confondues, portent au visage les mêmes peintures de guerre, tracées au stick de camouflage - celui des forces spéciales. D’une rafale, leur chef, un colosse à la peau sombre, abat pontes et sous-fifres. La face grise, le Président s’est levé : autant mourir debout. L’un des guerriers, un chicano, lui jette alors un stick. Un autre, aux yeux bridés, lui tend une arme en scandant Indra song. De ses doigts malhabiles, le Président de l’hyperpuissance s’enduit les joues et le front de pâte. Un sourire révèle alors des dents luisantes de salive. Il empoigne le fusil d’assaut.

-        Indra commande. J’obéis.

 

Aum, Hana Hana, Daha Daha, Paca Paca

 

©Christopher Gérard,

21 janvier MMXIV

Première version publiée dans Marginales 288, Comme en 14 (mars 2014).

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05 janvier 2016

Narcisse et Homère

Interrogé par le magazine d'Uccle sur un livre ayant marqué mon existence - ma réponse.

 

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26 janvier 2015

Osbert & autres historiettes

littérature

 

"Adepte, à rebours du temps, de la secessio nobilitatis, il était normal que Christopher Gérard fût aussi, désormais, fabuliste ... dans la tradition d'Esope, de La Fontaine et du Roman de Renart".

Le confrère Arnaud Bordes

 

 

Vu par Loïc Di Stefano, sur le site du Salon littéraire :

 

http://salon-litteraire.com/fr/christopher-gerard/review/...

 

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"Un auteur à la plume aiguisée et savante"

Paloma de Boismorel, Gaël

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" Ce petit animal si animé qui tourne dans une roue cosmique miniature et croit affirmer sa liberté en lançant de vains défis à ses humains domestiques. Cet ours en peluche, image d'une image, qui porte en lui une tradition vivante qui ne parvient pas jusqu'à la réminiscence. La préparation à la mort du chat aux yeux d'or qui échappe à l'hôpital, à l'euthanasie, et même au goupil. Les rencontres dues au hasard entre les personnages des différentes nouvelles. Et la vraie philosophie païenne qui inspire ces êtres."

Une lectrice platonicienne

 

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"Les idées sont à gauche et le style est à droite », nous confia jadis Robert Poulet, le plus grand de nos aristarques, avec un peu de regret. Nul doute qu'il eût jubilé à la lecture d'Osbert et autres historiettes paru à Lausanne, aux Éditions L'Âge d'Homme, sous la plume de notre compatriote Christopher Gérard.

Car ce recueil de short stories faisant parler des animaux à propos des humains d'aujourd'hui fourmille de notations piquantes, d'observations désabusées et de formules assassines rédigées à fleuret moucheté par un styliste hors pair dont les observations ne sont pas sans rappeler celles de La Bruyère, de La Fontaine, de Montesquieu et de Léautaud, rien que ça !

Saluons donc comme il se doit – chapeau bas – ces petits textes qui, loin des fadaises fadasses du politiquement correct et du consensus mou, mettent le doigt dans la plaie la plus béante de notre époque : le sinistre individu contemporain dont la vanité n'a d'égale que la vacuité..."

 

Le critique Bernard Delcord

 

 

*

 

 

 

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"Christopher Gérard instaure le monologue intérieur du rat d'appartement et du canidé(...) Bourré de malice et de notations pittoresques, son délicieux petit livre nous invite à nous observer à travers les yeux de nos amis à poils et à plumes"

L'écrivain Michel Mourlet,  dans Service littéraire

 

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"Une irrésistibe cocasserie, sous laquelle se faufile une touche de mélancolie devant un compagnonnage manqué."

Francine Ghysen, dans Le Carnet et les Instants

http://www.youblisher.com/p/889856-CI182/

 

 

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"Avec Osbert et autres historiettes, Christopher Gérard dresse son réquisitoire contre l’humanité présente, avec la légèreté inimitable qui est la sienne. Une lecture drôle et revigorante."

L'écrivain Thierry Marignac sur :

 

 http://antifixion.blogspot.be/2014/05/la-bete-qui-sommeil...

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"Bienheureux ceux qui sauront retrouver la sagesse d’Osbert, et bienheureux ceux qui une fois encore suivront les escapades littéraires de Christopher Gérard !"
Le confrère Ludovic Maubreuil sur son site:

 http://cinematique.blogspirit.com/archive/2014/04/23/osbe...


"J'envie Osbert et tous vos délicieux amis (...) Voilà un bien joli livre, admirablement illustré, qui fait rêver." Dixit Michel Déon.

"Achevé la lecture d'Osbert : subtil, décapant, drôle, stylé, anglomaniaque, non conforme... Un plaisir et une réussite. " Dixit le confrère Arnaud de la Croix.

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« Mon bonhomme ! Mon petit chéri… C’est ainsi que mes humains de compagnie s’adressent à moi ; celui que je surnomme le Maître sur un ton qui se veut enjoué, et l’Épouse par des cris à peine articulés dont la modulation varie en fonction d’humeurs que, pour ma part, je puis prévoir avec certitude pour en avoir observé les cycles, alors que son conjoint, lui, tombe des nues à chaque variation et reste bouche bée au moindre éclat. Sans jouer au pédant, je crois pouvoir affirmer que les humains de sexe mâle, même dominants, se révèlent moins éveillés que les femelles, et d’une confondante naïveté. »

 

Bestiaire tour à tour tragique et loufoque, Osbert & autres historiettes présente une galerie d’animaux doués de la parole et d’un sens aigu de l’observation : un rongeur au regard plein d’ironie, un gentlecat raffiné, un bouledogue des services secrets anglais, un ours d’appartement et même un moineau des Deux Magots. De Paris à Londres, en passant par Oxford et Bruxelles, ces animaux nous font mieux connaître l’étrange tribu des humains de compagnie.

Pour commander :

 http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=...

 

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13 mai 2014

Christopher Gérard vu par l'écrivain Thierry Marignac

 

Mon éloge funèbre - hilarant - par le confrère Thierry Marignac:

http://antifixion.blogspot.be/2013/11/christopher-gerard-...

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03 février 2014

Quolibets

 

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"Pétillant,  plein de sagesse, Quolibets est un ouvrage important pour tout esprit ouvert et réfractaire aux snobismes et engouements du jour."

Fabrice Trochet sur

http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=livres-christophe...

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Belle note de Gabriel Matzneff sur son site:

http://www.matzneff.com/chroniques.php?id_chronique=53

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"C'est élégant, généreux, divers (...) un bouquet divers,  nuancé, un peu décliniste - assorti de quelques principes intangibles, une certaine tenue, une cambrure de la phrase qui disent le lecteur et dénoncent l'amoureux des livres."

François Kasbi, Service littéraire

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Au micro d'Edmond Morrel:

 

http://www.espace-livres.be/Les-Quolibets-de-Christopher

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Superbe chronique par le Chouan des villes:

http://lechouandesvilles.over-blog.com/article-avis-aux-amateurs-quolibets-christopher-gerard-118608225.html

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"Une jolie promenade littéraire dans un jardin peuplé d'espèces rares dont l'auteur sait extraire les parfums inconnus". Alain Lefebvre, Juliette et Victor

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"Christopher Gérard est de mise anglaise, en trois-pièces sur mesure. Dandy païen, sectateur de l’empereur Julien ou d’Hypatie, il pratique aussi l’espionnage et la vampirologie. Et contrebandier des lettres, il fait commerce, sans souci des décrets du jour, d’exhumations précieuses." Arnaud Bordes

http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=123&ida=15696

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"Sous le signe de l'indépendance, du non-conformisme et du culte du style" Francine Ghysen, Le Carnet et les Instants

http://www.youblisher.com/p/629608-CI-177/

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On n’y vend pas ici sa plume au plus offrant; on la troque volontiers pour une belle rapière d’encre afin de faire face à l’ignominie présente. Christopher Gérard est bien un franc-tireur des belles lettres."

Georges Feltrin-Tracol, sur  http://www.europemaxima.com/?p=3136

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 L'article de Jacques Franck, dans La Libre Belgique :

http://www.lalibre.be/culture/livres/article/817988/ils-resistent-a-la-desesperance.html

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"Christopher Gérard a construit une arche de Noé recueillant ce qui peut encore être sauvé d'un désastre annoncé par Ernst Jünger dans son dernier entretien."

Alfred Eibel, Le Spectacle du Monde

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"Christopher Gérard ne nous aide pas seulement à mieux aimer la littérature, il nous aide à aimer les pensées justes. Le beau, le vrai, le juste. Le juste c’est ce qui est ajusté au vrai. Mieux qu’un trafiquant d’insolence, notre critique est un passeur de vérités. "

Pierre Le Vigan, Métamag

http://www.metamag.fr/metamag-1344-Les-quolibets-d%E2%80%99un-ecrivain-pa%C3%AFen-Un-journal-de-lectures.html

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"Christopher Gérard a fait preuve d'un goût très sûr manifesté sur un ton bellement anticonformiste, résolument à contre-courant de la bien-pensance actuelle."

Bernard Delcord, Marianne

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"C'est en libertin refusant de sacrifier aux idoles de ce temps que Christopher Gérard suit son bon plaisir, humeur vagabonde en bandoulière. L'écrivain esquisse ainsi les portraits de "confrères" admirés et aimés, morts ou vivants, mais tous aristocrates dans l'âme."

Rémi Soulié, Le Figaro magazine

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"Romancier et critique, ce moderne païen partage avec Pol Vandromme « un amour exclusif de la littérature allié à un souverain mépris des modes », ainsi qu’un dédain ironique pour le pédantisme stérile des théories et l’intrusion de la morale dans les jugements esthétiques. "

Bruno de Cessole, Valeurs actuelles

http://www.valeursactuelles.com/christopher-g%C3%A9rard-l%E2%80%99%C3%A9cart-triste-festin20130506.html

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"Christopher Gérard est un écrivain usant de phrases limpides et de mots qui font mouche, maniant l’ironie élégante sans rien renier d’un romantisme de bon aloi, n’ayant pas le paganisme théâtral et bruyant, mais fondant au contraire sur de solides convictions païennes, un art d’écrire et de lire qui ne succombe jamais à la lâcheté des modes, manière courageuse de rester égaré quand tant d’autres ont trouvé leur file d’attente, leur case, leur comptoir, dont ils ne bougeront plus, enfin réconfortés. "

Ludovic Maubreuil, Cinématique

http://cinematique.blogspirit.com/archive/2013/05/13/contre-les-naufrageurs.html

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"Ce livre est aussi et avant tout un tempérament. Il incarne un certain esprit de résistance, de dissidence. L’anticonformisme y est romanesque et opiniâtre. Le sentiment de l’honneur et l’impérieux besoin de liberté infusent ces pages et révèlent ce chant continu du refus de la médiocrité et de la décadence. Quolibets défend l’idéal annoncé par Dominique de Roux : « reformer et réformer l’ordre des nobles voyageurs. » Ce que Christopher Gérard propose, c’est cette « société secrète des âmes fortes » prescrite par Jean-René Huguenin."

Alexandre Le Dinh, De Nécessité vertu

http://www.denecessitevertu.fr/2013/05/13/quolibets-christopher-gerard/

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"Christopher Gerard distille ses portraits d’écrivains en érudit passionné à la plume alerte et élégante. Homme de constance (d’obsessions, diraient certains), notre lecteur-auteur prêche mordicus une Weltanschauung aristocratique, fondée sur l’honneur, une pleine conscience du tragique de la vie et de la circularité du temps, par-delà les saisons. "

Daoud Boughezala, Causeur:

http://www.causeur.fr/christopher-gerard-quolibets,22378#

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"On croisera dans ces pages des auteurs encore bel et bien vivants, et d’autres disparus – donc rendus à l’immortalité. Ils s’appellent Michel Déon, Pol Vandromme, Gabriel Matzneff, Paul Morand, Jean Clair, Roland Cailleux, Alain de Benoist, Guy Dupré, Jean Forton. Christopher Gérard ne les croque pas, non, il les hume, les cerne, les savoure enfin, à petites bouchées gourmandes. Bref, il va à leur rencontre comme peu de critiques contemporains ont l’audace de le faire, et nous donne en partage ses plus lumineux côtoiements. "

Frédéric Saenen, Le Salon littéraire avec un entretien avec l'auteur :

 

http://salon-litteraire.com/fr/christopher-gerard/content/1832308-christopher-gerard-le-fidele-irregulier

 

 

 

"Christopher Gérard nous offre ici un guide roboratif pour les amateurs de contre-courant, pour qui répugne à penser dans les cordes, pour les curieux qu'obsèdent les frontières... en bref, pour les esprits libres."

Dixit le confrère Jacques Tallote

 

 

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Quolibets suscite ces courriers de Michel Déon et de Jean Raspail


 

« Votre livre est une somme. Ce que l’Université et la politique ont voulu effacer avec une hargne incompréhensible reprend sa place dans votre brillant essai où j’ai pris un rare plaisir à retrouver nos amis dans leur pureté et leur courage. »

Michel Déon 

« Mais ce que je voulais vous dire, c’est ma surprise et mon admiration totales devant tous ces textes magnifiquement vrais, écrits avec une grande générosité, une immense culture littéraire, et une fraternité de haut vol… C’est un livre fondamental. »

Jean Raspail

 

***

 

En guise de bienvenue dans cette galerie d’écrivains qui ont marqué ma vie de lecteur et d’auteur, je voudrais préciser en quoi consiste Quolibets. Il s’agitbien d’un livre d’écrivain : le tableau n’a rien d’objectif ni d’exhaustif. Tant de préjugés, que j’assume ; tant d’oublis, que je déplore. Un journal de lectures, personnel, aussi incomplet qu’injuste, avec ses obsessions et ses béances. Un ensemble de pièces à conviction, un autoportrait en pointillé. Une déclaration d’amitié à mes maîtres et à mes lecteurs. L’hommage d’un écrivain à soixante-huit confrères d’hier et d’aujourd’hui. Un panthéon littéraire, où l’on croisera Stendhal et Paul Morand, Jacqueline de Romilly et Jean Forton, Ernst Jünger et Michel Déon, Guy Dupré et Jean Clair… Des voix singulières, qui ont en commun un même amour du Vrai, du Juste et du Beau.

Quod libet, en latin, signifie « ce qui plaît » : c’est à l’évidence le sens, ancien, que je donne à ce titre, car mes quodlibets n’ont rien de railleur ni, je l’espère, de trivial. Je me suis simplement promené dans ma bibliothèque et j’ai puisé dans mes archives pour en extraire cette macédoine que je propose à l’appétit du lecteur. Les esprits bornés se plaindront du « mélange des genres », celui-là même qui affole les éditeurs obsédés par le lectorat d’un livre et son marché captif. Pour moi, qui me moque de ces fariboles, je crois en ce que Guy Dupré appelle « la confusion concertée, symphonique et raisonnante des genres considérés longtemps comme autonomes et antinomiques », la seule à même de régénérer une littérature exténuée et domestiquée.

L’un des leitmotive de ce catalogue est le puissant sentiment d’exil illustré par nombre de mes maîtres : moi aussi, depuis toujours, je me sens exilé chez mes contemporains. En passant mes notes de lecture au tamis de l’esprit critique, en pratiquant ce retrait ironique qui condamne à une certaine solitude, j’espère être parvenu à isoler les virus dont je veux protéger ce que j’aime par-dessus tout : l’antique civilisation de l’Europe, ses types humains inégalés, ses inoubliables créations, son héritage plurimillénaire. Et à proposer des contrepoisons, en exaltant quelques attachantes figures d’insoumis, semblables aux hoplites de Marathon.

 

https://www.facebook.com/#!/Quolibets

 

http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=978-2-8251-4296-7&type=67&code_lg=lg_fr&num=0

 

 

 

 

 

 

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