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05 août 2016

Portrait païen

littérature,paganisme

 

 

Né en 1962 à New York d’une mère d’origine anglo-irlandaise et d’un père brabançon, j’aurais pu devenir a quite American si mes parents n’avaient décidé de revenir en Europe. De fait, j’ai vécu et continue de vivre à Bruxelles, capitale d’un pays bizarre que Baudelaire, cette mauvaise langue, décrivait comme le résultat du mariage de la carpe et du lapin.

La Belgique est un pays fort singulier, difficile à comprendre, car encore très médiéval, traversé de clivages qui peuvent (à tort) prendre l’apparence de frontières : la langue, l’argent (comme partout), la sensibilité philosophique. On appartient au pilier catholique ou laïc – ce qui conditionne le choix de l’école, de l’université, et donc du milieu fréquenté. Du conjoint même.

Né dans un milieu déchristianisé depuis le XIXème siècle – des socialistes purs et durs qui, en 1870, par solidarité avec la Commune, descendirent dans la rue avec le drapeau rouge – je suis le fruit de l’école publique, et fier de l’être. J’ai étudié à l’Université de Bruxelles, créée peu après notre indépendance en réaction à la mainmise du clergé catholique sur l’enseignement (et sur toute la société). Par tradition familiale et scolaire, j’appartiens à ce milieu anticlérical qui a ses ridicules et ses grandeurs, au même titre que la bourgeoisie catholique.

Dès l’âge de douze ans, j’ai eu la chance d’étudier le latin à l’athénée (et non au collège – clivage oblige), un latin exempt de toute empreinte chrétienne : l’Antiquité, la vraie, la païenne, m’a donc été servie sur un plateau d’argent par des professeurs d’exception, de vrais moines laïcs que je ne manque jamais de saluer. Comme en outre, j’ai participé dès l’âge de treize ans à des fouilles archéologiques dans les Ardennes, le monde ancien m’a très vite été familier. J’en parle dans mon essai La Source pérenne, qui retrace mon itinéraire spirituel : en dégageant les ruines d’un sanctuaire païen du Bas Empire, en nettoyant tessons et monnaies de bronze portant la fière devise Soli invicto comiti, en reconstruisant les murs du fanum gallo-romain, j’ai pris conscience de mon identité profonde, antérieure. Ce paganisme ne m’a pas été « enseigné » stricto sensu puisque mon entourage était de tendance rationaliste. Je l’ai redécouvert seul… à moins que les Puissances - celles du sanctuaire ? - ne se soient servies de moi. Les lectures, les fouilles, le goût du latin puis du grec, des expériences de type panthéiste à l’adolescence en forêt, tout cela a fait de moi un polythéiste conscient dès l’âge de seize ans. Depuis, je n’ai pas dévié et n’ai aucunement l’intention de le faire : je creuse mon sillon, en loyal paganus.

Lors de ces fouilles et de ces randonnées, j’ai perçu confusément la présence du divin, la subtile approche des Dieux. Bien plus tard, en Inde, ce sentiment s’est mué en certitude : les Dieux sont partout, innombrables et indifférents à notre sort.

Après mes études secondaires à l’athénée, j’ai choisi d’étudier les langues dites « mortes » (latin et grec) à l’Université, histoire d’approfondir ma connaissance de la pensée païenne. Mon mémoire de fin d’études portait sur l’empereur Julien : une traduction commentée de son Contre les Galiléens, un ouvrage de polémique anti-chrétienne (comme ceux, antérieurs, de deux autres philosophes, Celse et Porphyre).

 

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J’étais alors un jeune lettré, lecteur de Nietzsche, admirateur de Julien et de la résistance païenne. Je vibrais au souvenir de la belle Hypathie, assassinée par des moines fanatiques, les talibans de l’époque. Non sans naïveté, je m’identifiais au sénateur romain Symmaque, à tous les Païens convertis de force par une Eglise avide de pouvoir temporel. A cette époque, je découvris l’existence d’une résurgence païenne, consciente quoique maladroitement camouflée, au XVème siècle, celle du philosophe Pléthon et de sa Phratrie des Hellènes. Le renouveau païen de la Renaissance m’éblouissait, et continue de m’éblouir : les académies platoniciennes d’Italie, les arts régénérés par le retour à l’antique…

Ce jeune lettré urbain que j’étais ne pouvait qu’être révulsé par ce qui me semblait caractériser mon temps : l’inversion des valeurs, l’ostracisme contre toute verticalité, le règne des parodies, la plébéianisation du monde qui meurtrissent et obligent de vivre dans une clandestinité supérieure. Il n’est jamais drôle de participer au déclin d’une civilisation, déclin dont j’ai eu, très jeune, l’intuition profonde. Dans son Introduction à la métaphysique, Martin Heidegger dit l’essentiel sur l’âge sombre qui est le nôtre : « obscurcissement du monde, fuite des Dieux, destruction de la terre, grégarisation de l’homme, suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre ». C’est exactement ce que je ressens depuis le début de ma vie intellectuelle et spirituelle.

Les idéologies séculières, toutes issues de théologies dégénérées, les religions historiques ne répondent pas aux interrogations que pose l’âge sombre, car toutes nient le caractère tragique de l’existence, ce qu’avaient bien compris les Anciens, je veux dire les Païens archaïques – mes modèles. Lire Héraclite, surtout traduit et commenté par Marcel Conche, ou Platon expliqué de façon lumineuse par Jean-François Mattéi, écouter la voix de ces deux Grecs d’aujourd’hui m’ont armé contre l’imposture, fût-elle généreuse en apparence. Retour au réel, refus de toute consolation.

Durant mes études de philologie classique, j’avais découvert, lors d’une vente de livres anciens, un exemplaire d’Antaios, une revue allemande dirigée par Mircea Eliade et Ernst Jünger (1959-1971). Ces deux auteurs faisaient déjà partie de mon panthéon littéraire, et de savoir qu’ils avaient travaillé de concert me combla.

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La haute tenue de cette revue, l’éventail des signatures (de Borges à Corbin) et cette volonté de réagir contre le nihilisme contemporain m’avaient plu. A l’époque, au début des années 80, le milieu universitaire se convertissait déjà à ce qu’il est maintenant convenu d’appeler « politiquement correct », expression confortable et passe-partout à laquelle je préfère celle d’imposture matérialiste et égalitaire.

En 1992, comme il n’existait aucune revue sur le paganisme qui correspondît à mes attentes de rigueur et d’ouverture, j’ai décidé de relancer Antaios, deuxième du nom, dans le but de défendre et d’illustrer la vision païenne du monde, et aussi, je le concède, de me faire quelques ennemis. Jünger m’a écrit assez rapidement pour m’encourager ; il me cite d’ailleurs dans l’ultime volume de ses mémoires. Pour son centième anniversaire en 1995, je lui ai fait parvenir la réplique en argent de la rouelle gallo-romaine qui servait d’emblème à Antaios.

L’esprit de la revue se caractérisait par une ouverture tous azimuts – ce qui m’a été reproché à ma plus profonde jubilation. Le franc-maçon progressiste côtoyait l’anarchiste et le dextriste déjanté ; l’universitaire frayait avec le poète : de Jean Haudry, sanskritiste mondialement connu, à Jean Parvulesco, l’ami d’Eliade et de Cioran, tous communiaient dans une quête des sources pérennes de l’imaginaire indo-européen, de Delphes à Bénarès. Seule l’originalité en ouvrait les portes, ainsi que la fantaisie et l’érudition. Jamais l’esprit de chapelle (présent aussi chez les Païens), qui m’exaspère. Ce fut un beau moment, illustré par les trois aréopages parisiens, où nous reçûmes des gens aussi différents que Michel Maffesoli et Dominique Venner, le libertin et le hoplite. Je suis particulièrement fier des livraisons consacrées à Mithra, aux Lumières du Nord. Quand je suis allé aux Indes et que j’ai montré Antaios à des Brahmanes traditionalistes, j’ai eu la joie d’être approuvé avec chaleur.

 

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La revue m’a mis en contact avec toutes sortes de gens, et bien entendu nombre de Païens : druidisants ânonnant un gaulois de cuisine, wiccans rose bonbon, shamanes du dimanche, militants schizoïdes. Pas mal de zigotos, d’esprits sectaires ; quelques belles figures aussi, conviées à participer à la revue. De cette aventure, j’ai retiré un livre, La Source pérenne. Quelques solides amitiés aussi – l’essentiel. Elle m’a servi de carte de visite lors de mes voyages aux Indes, où j’ai vu vivre des Polythéistes. Mes séjours à Bénarès ont probablement changé mon existence bien davantage que les articles d’Antaios. Qu’est-ce qu’un texte, même bien ficelé (et qui n’est pas un poème) à côté d’un bain dans le Gange, au lever du soleil ? A côté de ces quelques gestes si simples dans les temples ? Du sourire d’une orante ?

 

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Peu après la mise en sommeil de la revue, j’ai commencé à écrire, non plus des textes « sérieux », mais de fiction. Je me suis lentement libéré des blocages mentaux induits par ma formation universitaire (et rationaliste). L’œuvre d’un Michel Maffesoli a fort compté, ainsi que celle de Clément Rosset. Surtout, D.H. Lawrence, M. Yourcenar, E. Jünger, M. Eliade, H. Hesse m’ont nourri … et c’est ainsi que je suis devenu écrivain.

Pour répondre à l’une de vos questions, voilà comment je vis le paganisme : par la magie de l’écriture. Créer de la beauté (le beau n’est jamais faux), comprendre l’ordre des choses me paraissent les plus belles manières de vivre mon paganisme, qui se fonde avant tout sur le gnôthi seauton delphique : « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et ses Dieux ». Platon, pour définir une beauté associée au vrai et au bien, parle dans le Philèbe de juste proportion des parties et d’harmonie du tout. L’artiste authentique trouve ces consonances entre les parties et le tout ; il glorifie ce qui élève et réjouit l’âme ; il résiste aux sirènes du nihilisme comme aux facilités de la mode. En ce sens, l’art est un sacerdoce. Une rébellion aussi. Comme nombre de Païens d’aujourd’hui, je parle des sincères et des véridiques, j’ai trouvé ma voie dans l’art, un art conçu comme initiatique, qui transforme, et anagogique, qui tire vers le haut. Citons Hölderlin : « Le poète vient des hommes, mais il est exigé par les Dieux ». Ou le grand helléniste d’Oxford C. M. Bowra, qui, dans L’Expérience grecque, dit très justement ceci : « c’est le rôle du poète de saisir la beauté qui se cache dans les choses visibles et invisibles, de perpétuer en paroles les instants d’illumination et d’extase qu’il a connus et de les faire partager aux autres hommes. »

Ce sont ces visions qui me guident dans mon travail, et qui me rendent heureux. Or, je crois en la preuve par le bonheur. Ces bavards qui, en faisant la grimace, vous bassinent les oreilles avec leur souffrance ou leur conception de l’écriture… Ces Païens au visage torturé ou asservis au tabac…

Je ne suis pas amateur de grandes cérémonies, même s’il m’est arrivé de participer à des feux solsticiaux dans les forêts d’Ardenne. Je préfère l’intimité de mon cabinet, mes autels domestiques, et les arbres, dont je ne me lasse pas. Par crainte des parodies et de tout folklore, je préfère la méditation solitaire et la célébration à quelques-uns. Discrétion et intensité.

Dans mon premier roman, Le Songe d’Empédocle, j’ai imaginé une société secrète antique survivant jusqu’à nos jours (et en fait bien au-delà, vu le caractère en partie uchronique du roman), la Phratrie des Hellènes. Le roman illustre un type d’initiation, apollinienne et solaire. Le style aussi, je l’espère. Son héros, Padraig, me paraît une belle figure de Païen contemporain… qui doit beaucoup au scribe, mais aussi à d’autres personnes, notamment des femmes, qui, elles ne trichent pas quand il s’agit de l’essentiel.

 

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Puis j’ai publié d’autres livres : romans, nouvelles, illustrant ma vision polythéiste et panthéiste d’un monde éternel, soumis à des cycles et habité par des puissances sans visage. Epicure et Sénèque sont mes maîtres, avec les Antésocratiques, Héraclite et Empédocle. Et comme je l’ai dit ces Grecs actuels que sont Conche, Mattéi, et bien entendu Rosset, dont La Philosophie tragique est pour moi comme un bréviaire. Rosset retrouve les postures homériques quand il décrit l’homme tragique, sans espoir ni illusions qui « ne consent jamais à s’avouer vaincu et à courber le front ». Tel est à mon sens l’archétype de l’homme européen – l’insoumis.

Si je devais définir mon paganisme, je dirais donc : tragique et serein. Parfaitement étranger à toute forme d’espérance et de quête d’un salut individuel, des fadaises indignes de l’homme libre, qui ne « croit » qu’au destin, le fatum des Romains. Même le mot charité m’exaspère, surtout si elle implique une forme mortelle de masochisme. Solidaire, oui, mais de manière conditionnelle. Quant à l’amour abstrait, à la malsaine préférence pour le lointain, au goût masochiste pour l’expiation de péchés imaginaires, non merci.

Face à l’assaut migratoire que nous subissons aujourd’hui dans sa phase aiguë, tétanisés et culpabilisés par diverses officines, dont celle du pape des Chrétiens, cette charité mal comprise et instrumentalisée par des esprits sournois et décadents risque de nous être fatale. Grimée en amour de l’autre, la haine de soi fera couler des fleuves de sang.

Mes souhaits pour l’avenir ?

Que les Européens retrouvent leur fierté, ce génie qui a créé le Parthénon et Versailles, Lascaux et la Sixtine. Que s’effondre ce culte abject de la marchandise qui défigure les visages, décompose les corps et ruine les âmes. Que le sacro-saint marché cesse d’incarner la valeur suprême. Que le culte parodique du dieu jaloux qui a pour prophète tel « chamelier péninsulaire » perde le plus de terrain possible ici comme ailleurs. Qu’une prise de conscience globale permette de purifier notre planète des déchets dont nous la saturons. Qu’Apollon et Aphrodite, pour parler grec, guident à nouveau les hommes libres, ceux qui prient debout.

 

Mars MMXVI

 

littérature,paganisme

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23 juin 2016

Du foulard comme signe extérieur de croyance

 

 littérature, foulard, islam

Du foulard comme signe extérieur de conviction

Voici un extrait de mon roman, Porte Louise, dans lequel mon héroïne, Louise, débat avec une amie de la présence grandissante dans nos villes du foulard islamique.

« Je profite de l'euphorie pour raconter à Hélène mes retrouvailles avec la ville et lui fais part de ma surprise devant le nombre de mahométanes en foulard.


- Oui, rétorque Hélène, cela donne à la ville un aspect exotique…
- Excuse-moi, tu vas me trouver périphérique, mais j'y vois plutôt une crispation que l'expression d'une coutume, par ailleurs interdite dans la plupart de ces pays.
- Oh, tu sais, Louise, ces femmes veulent sans doute marquer leur différence. Regarde toutes ces filles qui exhibent leur lingerie, n'est-ce pas aussi critiquable? Pourtant cela ne scandalise personne, surtout pas les hommes, de réduire ainsi la femme à un objet de concupiscence. Comme si nous étions condamnées à exciter les mâles. Et puis, un foulard met le regard en évidence, non?
- Non. C'est un signe de soumission. L'acceptation d'une pitoyable vision de la femme, qui pour ne pas tenter le mâle devrait se couvrir. Impensable pour une Celte!
- Ne monte pas sur tes grands chevaux, Louise! Il faut être tolérant. S'enrichir de nos différences …
- Tout à fait d'accord avec toi pour trouver répugnante cette manie d'exposer strings, piercings et tatouages. Je vois cela comme une agression, subtile si j'ose dire, mais bien réelle. La femme et l'homme, réduits à de la viande qu'il faut marquer, mutiler, étiqueter comme dans une boucherie.
- Ah tu vois…
- Mais de là à considérer une femme comme vertueuse parce qu'elle se flanque un morceau de tissu sur les cheveux! Et toutes celles qui laissent leur chevelure libre tout en étant habillée avec décence? Sont-elles moins dignes de respect?
- Tu as raison, mais…
- Hélène, tu m'étonnes. Je pensais que pour toi la liberté ne se discutait pas! Et là, face au quadrillage mahométan, tu tergiverses. Tu cèdes.
- C'est délicat. Sur un plan citoyen …
- Oui ou non, acceptes-tu le symbole? Pense un instant à toutes ces gamines, forcées de s'harnacher pour éviter d'être montrées du doigt, - ou pis. Ce foulard n'est jamais qu'un signe extérieur de conviction. C'est-à-dire la preuve d'une soumission à un code totalement étranger à notre civilisation. »

© Christopher Gérard, Porte Louise, L’Age d’Homme

 

littérature, foulard, islam

 

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15 juin 2016

Maugis

littérature,roman,réalisme magique

 

"L’extraordinaire Maugis, roman qui contient tout le siècle dernier avec une superbe subtilité paradoxale, dans l’esprit des grandes œuvres des années 1930."
Thierry Marignac, sur son blog Antifixion.

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« Je dois vous avouer que j’ai beaucoup et très vivement apprécié votre roman Maugis, sur lequel je me suis réservé le droit de faire un important article, livrer toutes les raisons, y inclus les plus cachées, de la fascination obstinée que ce roman n’a pas fini d’exercer sur moi. » 

Jean Parvulesco, La Presse littéraire

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"Vous nous offrez l'antidote nécessaire à la médiocrité, à la petitesse, et au néant contemporains."

Jacques d'Arribehaude

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"C'est d'un véritable joyau qu'aimé des dieux Christopher Gérard nous fait ici le don."

David Mata

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"Je vais lire Maugis et je suis sûr de ne pas y trouver de fausse monnaie."

Jean Raspail

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"Un Abellio qui saurait écrire… Voilà CG, intelligent comme un diable, élégant comme Byron, cavalier comme Stendhal, profond comme Billy Wilder c'est-à-dire avec légèreté et c'est là toute la grâce de votre livre, cette façon de traiter de choses graves avec désinvolture. Heureuse qu'il existe dans ce camp où beaucoup firent le choix de Sparte contre Athènes un garçon tel que vous."

Sarah Vajda

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"Bref, autour de l'énigme du monde, le voyage initiatique et la quête d'un illuminé de la plus lointaine histoire poétique comme de la plus haute sagesse intemporelle"

Pol Vandromme, Valeurs actuelles

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"Ce qui importe dans ce roman, ce qui en fait l'intérêt et le charme - en l'occurrence, s'impose évidemment le sens fort du latin carmen! -, c'est qu'il développe des harmoniques transcendant le temps et l'espace. L'errance se confond avec le voyage intérieur. (…) Une tentative, à travers la fiction, de réenchantement du monde."

P.-L. Moudenc, Rivarol  

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"Christopher Gérard appartient à la nouvelle cohorte d'écrivains qui ont entrepris de réenchanter l'univers dépeuplé de ses dieux, désertifié par le matérialisme, monde lunaire où des individus erratiques, solitaires, déracinés, aveugles, avides, se croisent, se heurtent, …"

Michel Mourlet, La Revue littéraire

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« J’ai le vrai plaisir de vous dire que j’aime beaucoup Maugis. Vraiment et profondément. Belle écriture, classique et nervalienne. Plaisir à se retrouver dans le monde des poètes missionnés, de Virgile à Hölderlin. Dans le souvenir lumineux de cette Hellade au principe de ce que nous sommes et de tout ce que nous aimions quand la pensée marchait à l’endroit. Plaisir à retrouver des lieux et des microcosmes aimés, comme la Bruxelles des Solvay. Comme cette Rome de nos jeunesses… »

Christian Dedet

*"Ernst Jünger l'ambigu aurait apprécié votre secrète épopée. (…) Grand merci, cher Poète, de m'avoir offert l'occasion d'une lecture différente."

Guy Vaes

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"Ce Maugis est une épopée historique et intime aussi raffinée qu'enlevée".

Pascale Haubruge, Le Soir

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"Nous avons cette chance d'assister, en temps réel, à l'érection d'une de ces structures quadriphoniques que le génie de Lawrence Durell avait initiées avec son fabuleux Quatuor d'Alexandrie (…) Christopher Gérard nous a livré un chef-d'œuvre, un livre d'une richesse incroyable et d'une densité extraordinaire."

André Murcie, Incitatus

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"Ce livre insiste sur la fonction initiatique et libératrice de la poésie. Ce n'est donc pas seulement l'Ancienne Religion que défend Christopher Gérard, ce sont, hors-temps, les voies du Réel."

Rémy Boyer, La Lettre du Crocodile

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"Le rythme tacitéen suffit à m'enchaîner, à me condamner à l'assentiment. Le moyen de n'aller pas au bout d'un livre si bien écrit? Le moyen de ne pas succomber au charme d'un écrivain qui prétend conter l'histoire récente dans la langue des Maîtres - chaque guerrier est Patrocle et Achille et le champ de bataille, toujours, a le visage des faubourgs de Troie? (…) Heureux Christopher, le monde moderne est venu, le hideux XIXè siècle suivi du non moins exécrable XXè, sans contaminer votre plume ou polluer votre esprit!"

Sarah Vajda, Les Epées

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"Ce style en ligne claire, cette prose solsticiale au classicisme épuré, écrite "à contre-mode" comme le constate Pol Vandromme." 

Frédéric Saenen, Parutions.com

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"Maugis est un roman initiatique au vrai sens du terme, qui dans un style d'une clarté chantante, proche de Matzneff et de Montherlant, nous conte les tribulations et les pérégrinations de François d'Aygremont".

Luc-Olivier d'Algange, Eléments

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"Maugis ravira les amateurs de littérature bien ordonnée, un rien sévère, les lecteurs d'intrigues policières comme les chercheurs en ésotérisme."

Arnaud Bordes, Le Journal de la Culture

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"Surprenant parcours, de l'université d'Oxford au toit du monde, où les oies sauvages rejoignent des dieux pour le moins exotiques."

Jean Mabire, Nouvelle Revue d'Histoire

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"Bref, tout au long de votre roman, j'ai passé la frontière entre l'immédiat et l'au-delà des apparences, plongé dans cette lecture du monde qui est le propre de notre lumina le plus intime." Jacques Henrard

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"Vous devez vous amuser prodigieusement en écrivant. D'accord, on n'écrit pas pour tromper l'ennui (encore que certains…), mais chez vous c'est une joie évidente. (…) Vous êtes un écrivain somptueusement décadent: cela manque!"

Alain Bosquet de Thoran

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"En vous félicitant d'écrire à contre-temps de notre époque

si peu spirituelle".

Michel Déon

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"Je lis ce roman comme une victoire décisive remportée sur la linéarité. Maugis enchante au sens fort du terme."

Luc-Olivier d'Algange

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« Maugis, dont la lecture m’a ravi par la qualité du style, avec des phrases qui semblent gravées dans le bronze de l’Antiquité. »

Ghislain de Diesbach

 

Poète et fin lettré, François d'Aygremont a été initié sous le nom de Maugis aux mystères d'une société secrète remontant à la Grèce antique. Fils posthume d'un héros de la Grande Guerre, le jeune homme au cœur pur affronte diverses tempêtes: la guerre dans les tranchées du Canal Albert et dans les forêts d'Ardenne, l'action clandestine au sein d'un réseau de renseignement et d'aide aux Hébreux persécutés, des amours candides ou vénéneuses, une mission secrète en Irlande, une descente dans les ténèbres infernales et puis la fuite éperdue à travers l'Europe ruinée par les Grandes Conflagrations. Une somme d'épreuves qui, d'Oxford à Bénarès, permettront au poète aux yeux émeraude de lever le voile qui recouvre les circonstances obscures de sa naissance et de découvrir sa vraie nature. Roman initiatique, Maugis entraîne le lecteur dans une quête envoûtante, dans un monde magique à la lumineuse pureté. Ce périple romantique, qui évoque Nerval et Hölderlin, propose aussi une subtile méditation sur le destin, l'art et l'amour, incarné au fil des pages par trois fascinantes figures féminines.

 

Écrit par Archaïon dans Opera omnia | Lien permanent | Tags : littérature, roman, réalisme magique |  Facebook | |  Imprimer |

05 juin 2016

Indra Song

littérature

 

 

« Les temps peuvent venir où les rapides sabots des coursiers barbares claqueront sur les décombres amoncelés de nos villes. »

Ernst Jünger,La Guerre comme expérience intérieure

 

La scène se passe en août 2014 dans le bureau du Président de l’hyperpuissance. Sont présents quelques membres triés sur le volet du Conseil de Sécurité : David B***, le tout-puissant chef de la police secrète ; Edward S***, le responsable occulte de Rubicon, le programme de guerre électronique ; le général Timothy W***, le dirigeant le moins corrompu du complexe militaro-industriel. Outre deux ou trois assistants qui ont juste le droit de servir les cookies et le café équitable, participe aussi à cette réunion Lord Gibbon, l’ambassadeur de Grande-Bretagne. Lui, à petites gorgées, boit du thé de sa réserve personnelle, un Ging biologique, first flush. Sans lait.

Tous transpirent abondamment en raison d’une panne générale du système de climatisation.  Tous, à l’exception du Britannique, ont déjà tombé la veste et défait leur nœud de cravate. De l’ordinateur présidentiel, sur lequel se fixent tous les regards, s’échappe une voix mélodieuse qui scande une étrange mélopée : Aum, Hana Hana, Daha Daha, Paca Paca…

-        Qu’est-ce que c’est que ce charabia  ? lance le Président d’un ton rogue en défaisant avec élégance ses boutons de manchettes Brooks Brothers. David ?

-        Je…Je l’ignore, Monsieur le Président, bredouille le Juif de Brooklyn - cent kilos de mauvaise graisse et d’intelligence pure. Ce truc passe en boucle depuis trente-six heures sur tous les réseaux, sur toutes les radios, tous les écrans du monde. Même sur CNN, malgré toutes nos pressions.

-        Mais encore ? Le sens de ces mots ? s’exaspère le Président. Enfin, David, vos services nous coûtent des centaines de milliards et vous ne savez rien !

-        Du sanskrit, susurre Lord Gibbon, l’air ennuyé. La langue sacrée de l’Inde, précise-t-il pour l’assemblée, qui tombe des nues. Une invocation, ou ce que les Indiens appellent un mantra. Une formule mentale qui…

 

Timothy, le chef du renseignement militaire, Viking aux yeux trop pâles, interrompt sans ménagement le diplomate :

-        Monsieur le Président, ces macaques tentent de contrôler nos systèmes de défense, j’en mettrais ma main au feu. Je préconise une réaction foudroyante : une pluie de missiles Clinton III et on n’en parle plus. On vitrifie d’abord, on discute sanskrit machin-chose ensuite.

-        Du calme, Timothy. Ne me dites pas que vous envisagez sérieusement de rayer un continent de la carte ! Comme cela, au petit déjeuner ? ironise le Président.

-        Hé, cela nous débarrasserait d’un concurrent… Et comme les Chinetoques sont sans doute dans le coup…

-        Encore un coup de Téhéran, oui ! éructe un David rouge de colère.

 

Frais comme une rose, Lord Gibbon reprend la parole, ses mains manucurées posées devant lui sur le bureau en acajou :

-        Gentlemen, il s’agit d’une invocation à Indra, le Dieu indien de la guerre, dont le refrain, que vous entendez, signifie : « Tue, tue ! Brûle, brûle ! Mange, mange ! ». D’après les analystes du MI 7, la voix est celle d’un brahmane de Bénarès.

-        Mais à quoi cela rime, cette chanson ? demande le Président.

-        Vous avez raison de parler de chanson, Monsieur le Président, le mantra, comme dit Lord Gibbon, a fait le tour du monde sous le nom d’Indra Song. Les foules en délire le scandent sans même le comprendre, comme hypnotisées, précise Edward, qui, bien à regret, sort de son mutisme.

-        Une conspiration ?

-        Pas le moins du monde, Monsieur le Président, poursuit Edward. C’est très probablement notre nouveau drone de guerre électronique, vous savez le prototype Arès. Navré d’en parler devant Monsieur l’Ambassadeur, qui n’est pas habilité, mais il y a péril en la demeure.

-        Vous ne croyez pas si bien dire, old sport, rétorque Lord Gibbon. Quant à Arès, nous étions au courant depuis le début, rassurez-vous. Vos centres de recherche étaient truffés de taupes…

-        Dites, Gibbon, intervient David, et vos services de renseignements, une belle bande de tap…

-        Je croyais que ce drone était encore expérimental, coupe le Président, qui n’apprécie que modérément ce déballage.

-        En fait, Monsieur le Président, il semble que notre drone, qui comme vous le savez est indétectable, invisible et, grâce à son moteur à oxygène, autarcique à cent pourcents, eh bien, il semble, oui, qu’Arès ait décollé avant-hier de notre base secrète du Colorado. Sans en avoir reçu l’ordre de quiconque. Depuis lors, il a disparu dans la stratosphère… Il tourne en émettant cet incompréhensible message.

-        Arès a échappé à ses maîtres, persiffle Lord Gibbon en vidant sa tasse de darjeeling.

-        Mais à la fin, qui contrôle donc cette satanée machine ? implore le Président. Timothy ?

-        Personne de connu, Monsieur le Président. On a cru un moment que c’étaient des hackers belges qui étaient derrière ce… cette catastrophe. On leur envoyé une équipe en urgence pour, disons, les traiter, mais Arès a poursuivi sa route.

-        Vous voulez dire…

-        Oui, Monsieur le Président, un drone de combat indétectable vogue dans l’espace ; toutes les trois minutes, il modifie son plan de vol de manière aléatoire. Il émet sans discontinuer Indra song. Et personne ne le contrôle : ni Washington, ni Moscou, ni Pékin.

-        Les Français ? risque David, qui ne suscite qu’un rictus nerveux du Président.

 

Tous pâlissent et, dans le salon ovale, la température augmente encore de quelques degrés. Au loin, on entend, l’une après l’autre,  mugir des sirènes. La gorge nouée, le Président se lève et pose la question qui lui brûle les lèvres : Arès est-il armé ?

-        Non, Monsieur le Président, c’est une arme de guerre électronique, explique Edward. Pas besoin de missile.

-        Comment cela, pas besoin ?

-        Je crains, intervient le Britannique, qu’Arès soit en train de prendre le contrôle du cloud dans sa totalité. D’où la panne générale de la toile et des réseaux, qui stupéfie le monde. D’où cette folie bestiale qui dévaste nos cités. Oui, Arès contrôle non seulement le Pentagone, mais aussi tous les autres centres de commandement : l’OTAN, Tel-Aviv, Rio de Janeiro, même Londres, hélas ! Arès déclenche le feu là où bon lui semble. Se tournant vers le Président, il précise : la preuve, Téhéran n’existe plus. Depuis une heure. Comme Shanghai, Karachi et Le Caire. Même San Francisco…

-        San Francisco ? Détruite par notre machine, mais c’est de la folie ! hurle le Président, les yeux hors de la tête.

-        Pas une machine stricto sensu, plutôt la fine fleur de l’intelligence artificielle possédée par, comment dire ?, une entité. Une Puissance sans visage. Indra commande, je le crains.

-        Oui, s’empresse de signaler David, comme pour rentrer à nouveau en cour, nos agents à Delhi ont capté des messages affolés du Haut-Commandement. Je commence à comprendre, maintenant.

-        Et ?

-        On dirait que les Indiens ont commencé à offrir des sacrifices de chanvre et d’encens. À cet Indra. Nous croyions que c’était un code.

-        Que disent les Russes ?

-       

-        Accouchez, David !

-        Ils ont rappelé des chamanes de Sibérie. Ils sacrifient des chevaux à, comme s’appelle-t-il encore celui-là ? fait David en consultant sa tablette portative, qui, dans un chuintement ridicule, vient de rendre l’âme.

-        Perun, laisse tomber Lord Gibbon avec un geste fataliste, le regard ailleurs. Perun le Terrible. Le frère slave d’Indra et d’Arès aux noires prunelles. Le destructeur des murailles, le pourvoyeur des charniers, le déstabilisateur des nuages. Le Dieu du carnage.

 

Tous se taisent et tentent de digérer la nouvelle. Assourdis par les murailles blindées du salon ovale, des tirs d’armes automatiques et des explosions se font entendre dans le lointain. De l’ordinateur présidentiel continue de s’échapper l’obsédant mantra : « Aum, Hana Hana, Daha Daha, Paca Paca ». Les secrétaires présents se prennent même à le murmurer.

-        Mais enfin, Gibbon, vous qui semblez comprendre ce qui se passe, expliquez-moi, supplie le Président. C’est un cauchemar !

-        Un cauchemar pour vous. Un rêve pour Indra, Perun, Mars ou Arès, quel que soit le nom que lui donnent les mortels. Le Dieu de la guerre a asservi les nuages. De là, il contrôle les consciences. Gentlemen, Arès le Tueur, le Dieu aux mille vautours, le Guerroyeur infernal, s’est emparé du monde.

-        Comme… Comme en 14, bégaie Edward en retirant ses lunettes trop grandes.

 

Soudain, le sol tremble et une fine poussière s’insinue dans le salon ovale, où les lumières se sont éteintes. Plus aucune machine ne fonctionne, mais un chant - Indra Song - retentit dans le couloir, entonné à pleins poumons par une troupe qui défonce la porte blindée. Une douzaine de jeunes guerriers, à la souplesse de panthères, au regard halluciné, des mercenaires de Blackwitch empestant la sueur et le sang, qui, toutes races confondues, portent au visage les mêmes peintures de guerre, tracées au stick de camouflage - celui des forces spéciales. D’une rafale, leur chef, un colosse à la peau sombre, abat pontes et sous-fifres. La face grise, le Président s’est levé : autant mourir debout. L’un des guerriers, un chicano, lui jette alors un stick. Un autre, aux yeux bridés, lui tend une arme en scandant Indra song. De ses doigts malhabiles, le Président de l’hyperpuissance s’enduit les joues et le front de pâte. Un sourire révèle alors des dents luisantes de salive. Il empoigne le fusil d’assaut.

-        Indra commande. J’obéis.

 

Aum, Hana Hana, Daha Daha, Paca Paca

 

©Christopher Gérard,

21 janvier MMXIV

Première version publiée dans Marginales 288, Comme en 14 (mars 2014).

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05 janvier 2016

Narcisse et Homère

Interrogé par le magazine d'Uccle sur un livre ayant marqué mon existence - ma réponse.

 

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