25 février 2013
L'Homme sans bagages
Auteur discrète mais appréciée des amateurs exigeants, Emmanuelle Pol incarne un condensé d’Europe, puisque cette Milanaise de père français a passé son enfance en Suisse avant de se fixer à Bruxelles. Son dernier livre, L’Homme sans bagages, évoque à mots couverts certain « petit pays maussade », ses charbonnages et ses curés, sa capitale de province. Pourtant, le sujet de ce roman réussi plane bien au-delà d’une peinture de la Patrie des Arts et de la Pensée, car Emmanuelle Pol s’est amusée, non sans cruauté, à dépeindre un orphelin au cœur sec, l’étrange S., nomade résolu qui croit choisir la voie que le destin lui impose. Le roman se double d’une réflexion sur les illusions de la liberté, les enchaînements de l’implacable nécessité. Ne cite-t-elle pas, en exergue, Sophocle et Rosset, experts ès tragédies ?
Un orphelin donc, rejeton d’un couple disparu dans un accident de voiture. Un adulte sans attaches, dur à la tâche et point trop sentimental. Un fuyard, qui efface (presque) toutes ses traces, un joueur aussi qui se rit des identités sociales. Après quarante ans de courses et de relatif oubli, le voilà qui revient dans la patrie de son père pour une absurde histoire d’homologation de diplôme - à soixante ans passés !
La rencontre avec la Petite, une juriste frais émoulue, servira de détonateur et, tel l’abeille contre la vitre, l’errant sans remords ni regrets va se disloquer, rattrapé par le rapide destin. Cet homme, qui croyait pouvoir se passer d’un masque, qui se glorifiait de n’appartenir à personne, part en charpie. Comme victime d’une malédiction antique, l’homme si fier de voyager sans valises n’est plus qu’un vagabond exténué ; l’égoïste forcené se repent d’avoir été lâche et ingrat. Un périple dans la Grèce de ses ancêtres rendra possibles d’ultimes retrouvailles.
Servie par un style ciselé au poignard et par un humour septentrional, Emmanuelle Pol nous propose, mine de rien, une tragédie grecque où se croisent Ulysse et Œdipe. Dense, tonique et truffé d’allusions subtiles, L’Homme sans bagages révèle une romancière de talent, qui est aussi une amante de la sagesse.
Christopher Gérard
Emmanuelle Pol, L’Homme sans bagages, Finitude, 15€
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19 juillet 2012
Vogelsang ou la mélancolie du vampire

« Une rare intensité. (...) l'ouvrage conjugue la force et l'originalité de l'argument avec une langue aux inflexions magiques. »
David Mata, Eléments
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« Laszlo Vogelsang, vampire mélomane raffiné, sévit à Bruxelles. Il se parfume chez Caron, lit Platon et Kleist, admire Mario Praz le vertigineux érudit dont personne n'ose prononcer le nom à Rome, pleure en écoutant Alfred Deller chanter Purcell, Laszlo, esthète délicat et solitaire avec qui on partagerait volontiers une coupe de sang non frelaté en écoutant Scarlatti ou Dowland! »
Gérard Oberlé, Lire, juillet 2012.
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Belle et sensible recension sur le site de l'Association des Ecrivains Belges, sous la plume de J. Bodson:
http://www.ecrivainsbelges.be/index.php?option=com_conten...
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« On est plus proche des écrits de Jean Ray ou de Leo Perutz que de la sage T***... On ne s'en plaindra pas: l'auteur d'Aux Armes de Bruxelles n'écrit pas pour les adolescents attardés (...) Il nous offre un grand roman, (...) occulte et inquiétant.»
Bruno Favrit.
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« Ce que Christopher Gérard raconte, avec un raffinement très XIXème voire XVIIIème siècle, quelques clins d'oeil amusés et une plongée passionnante dans le terrain de chasse inhabituel qu'est la Bruxelles nocturne, c'est le pesant et profond sentiment de mélancolie qui envahit petit à petit Vogelsang ».
Jean-Claude Vantroyen, Le Soir du 15 juin 2012
http://archives.lesoir.be/la-musique-nostalgique-du-saign...
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« Raffiné élégant, le vampire de Christopher Gérard, le docteur Laszlo Vogelsang, spécialiste en hématologie comme il se doit, est une créature d'Ancien Régime qui a les manières du prince de Ligne. (...) Entre E.T.A. Hoffmann, Baudelaire et sir Arthur Conan Doyle »
François Bousquet, Le Spectacle du Monde, juin 2012.
http://www.lespectacledumonde.fr/index.php?option=com_con...
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«Laissant courir à sa guise une imagination subversive, Christopher Gérard poursuit avec ironie et élégance un récit ludique qui se déploie dans un décor étonnant (…) Ce roman fort réussi qui commence par un divertissement brillant se termine comme un roman initiatique, dans la tradition romantique du héros ténébreux à la recherche de lui-même».
Anne Richter, Le Carnet et les Instants, juin 2012
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Une lettre de Michel Déon à propos de Vogelsang: « votre machination d'un fantôme tourne le dos à ce que je sais de vous. Bravement, vous n'hésitez pas à traiter un sujet légendaire au risque de vous brûler. Personnellement, je trouve cela très bien et construit avec rigueur (on ne peine pas une seconde à le lire), et avec un sens de l'horreur qui, d'ailleurs, réflexion faite, a toujours été là dans vos livres, mais bien tenu en bride. Là, franchement, j'ai eu... peur.»
Le 5 juin 2012
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L’intrigue est élégante, qui commence in medias res, où présent et passé s’instruisent, où d’habiles silences du récit ajoutent à l’étrangeté. Loin des Carpates et du gothique, Vogelsang ou la mélancolie du vampire renouvelle le genre avec style et pertinence. »
Mon confrère et néanmoins ami Arnaud Bordes, grand amateur de littérature fin de siècle:
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&sr...
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Belle et pertinente critique du roman sur le site non conformiste Causeur sous la plume d'un jeune talent de l'équipe, Daoud Boughezala:
http://www.causeur.fr/vogelsang-un-vampire-humain-trop-hu...
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« Conte de l'intime sang pour sang inspiré, une écriture belle et exigeante, raffinement et élégance, une qualité de style incomparable qui fait de l'auteur un écrivain à part entière, contre-courant plaisant - phrases antiques pour une modernité désenchantée -, empreint d'ironie, le tout saupoudré de références, de non dits presque dits et de jolies allusions, la sauce gérardaise prend, menant à la réflexion; l'on se met à aimer Laszlo, sa mélancolie semblable aux variations Goldberg, sa sensibilité et sa sourde inquiétude, son malaise grandissant et sa détresse lancinante: "Pour Laszlo, le piano l'aidait à voguer sur les flots du temps qui tout dévore. Et Scarlatti embellissait ses rêves de touches allègres, graves cependant car le compositeur feint la légèreté pour mieux résister à la douleur de l'exil. »
Thierry-Marie Delaunois sur
http://www.thierry-mariedelaunois.com/pages/accueil/lectu...
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« Les grandes villes du monde ont "leur" écrivain. Dublin, New-York, Berlin, Le Caire pour ne citer qu’elles. La capitale de l’Europe a longtemps été boudée par les romanciers qui préfèrent situer outre-Quiévrain leurs inventions romanesques.De livre en livre Christopher Gérard est peut-être en train de devenir l’écrivain de Bruxelles, avec un "E" majuscule. »
Bel entretien radiophonique avec Edmond Morel ce 16 mai 2012:
http://www.demandezleprogramme.be/Ecoutez-Christopher-Ger...
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« Monsieur Gérard a la plume alerte. Son vampire a la classe de Christopher Lee et l'appétit de Tom Cruise. Nuit canine, nuit de Chine ! »
Service littéraire, mai 2012
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« Jouant avec une habilité consommée, Christopher Gérard multiplie les références, les sous-entendus, les allusions perfides et perverses. Les fastes d’enfer et un brin de bouffonnerie font de ce roman un régal. »
Alfred Eibel, Valeurs actuelles, 10 mai 2012.
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"Ce conte entre cannibalisme et dandysme ne transpose pas seulement le mythe du vampire dans les rues de Bruxelles, il le recrée par l’imagination rocambolesque du romancier comme par son regard sur le monde actuel : la fin d’une époque, la nostalgie d’une culture qui s’enfonce dans l’oubli comme fondent les glaces de l’Arctique, le goût des mythes dans lesquels les hommes se sont projetés de la forêt celtique aux rives du Gange. Cela se lit, me semble-t-il, comme en filigrane de ce récit pas triste pour autant, marbré d’ironie, tramé d’inventions narquoises et de sourires en coin. Et pourtant, si la mélancolie du vampire était aussi celle de Christopher Gérard ? "
Jacques Franck, La Libre Belgique, 7 mai 2012:
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/736442/un-va...
et entretien avec l'auteur sur:
http://www.vampirisme.com/interview/gerard-interview-voge...
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Le roman a été évoqué dans l'émission de J.-P. Hautier, "Bonjour quand même" le mardi 8 mai à 9h
http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/podcasts?c=LP-...
Il fait aussi l'objet d'une chronique dans l'émission 50 degrés nord diffusée le jeudi 10 mai à 19h sur ARTE Belgique, et qui peut être écoutée ici: http://www.rtbf.be/video/v_50-degres-nord?id=1728543&...
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« Vogelsang ou la mélancolie du vampire se lit à cette allure dont on découvre les textes inattendus : celle de la délectation empressée. (…) Sans jamais sombrer dans le roman de genre, Christopher Gérard revisite avec panache la veine fantastique en lui prêtant une dimension authentiquement décalée. (…) A l’aurore d’un nouveau millénaire, Christopher Gérard persiste à manier la plume fin-de-siècle – une audace où il excelle. »
Frédéric Saenen, Le Magazine des Livres, avril 2012
Pour lire l'article complet: http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=...
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Mon vampire à moi est mélomane, musicien et quelque peu dandy. Il vit et tue à Bruxelles dans le souvenir du Paris de Louis-Philippe, du Moscou d'avant la Révolution, du Vermont des années 60. Le regard détaché - avant tout celui d’un prédateur - qu'il jette sur l'homme moderne comme sur notre époque se révèle singulier. Sa rencontre avec une humaine, Penthésilée, lui fera découvrir les affres de l’amour et scellera leur destin.
Vogelsang peut se lire comme un conte philosophique sur l'amour, la mémoire et la mort. J’y vois aussi une tragédie d'où l'humour noir n'est pas absent. Le mythe du vampire s’y trouve subverti, traité sur un mode parfois satirique afin de susciter une réflexion sur la fuite du temps, l'évolution de l'humanité, les pouvoirs cathartiques de la musique (chaque chapitre se termine par un intermède musical symbolique où apparaissent e. a. Richter, Gould et Lipatti).
La psychologie de mon prédateur - complexe et fascinante - renouvelle l'image du vampire tout en conservant des archétypes du récit vampirique, avec des clins d'œil cinématographique (de Nosferatu à Morse) et littéraires (de Stoker à Rice) qui combleront les amateurs.
11:41 Publié dans Opera omnia | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, vampire
08 décembre 2010
Porte Louise
Sur mon roman Porte Louise la chronique sensible publiée le 7 décembre sur le site: http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?artic... et l'article de Christian Brosio dans le Spectacle du Monde http://www.lespectacledumonde.fr/index.php?option=com_con...
et celui de Joseph Duhamel dans Le Carnet et les Instants
http://www.promotiondeslettres.cfwb.be/index.php?id=6904
Après trente-huit ans d'absence, Louise revient dans sa ville natale, Bruxelles, pour mener une enquête sur la disparition de son père, Charlie, séduisant Irlandais mystérieusement assassiné alors qu'elle n'était qu'une enfant.Au cours de ses recherches dans la capitale, Louise découvre les multiples facettes d'une ville qu'elle croyait connaître et nous entraîne à sa suite d'endroits disparus en lieux bien réels où l'on se régale.
En quête d'une vérité qui se dérobe sans cesse, Louise rencontre des interlocuteurs aussi variés qu'attachants: un commissaire de police, tombé amoureux d'elle à douze ans; Ingrid, la secrétaire et confidente de Charlie, qui s'est éprise de lui à Berlin en 1943; une avocate branchée à la vie compliquée; un espion français, libertin et amateur d'art; Lord Pakenham, l'ancien chef de l'Intelligence Service, qui a bien connu Charlie à Lisbonne pendant la guerre.
A une Louise de plus en plus désemparée, chacun dévoile à sa manière un aspect de la vie complexe de Charlie et propose, non sans arrière-pensées, son hypothèse sur la mort d'un homme insaisissable. Les continuels allers et retours entre Bruxelles et Dublin des années soixante à aujourd'hui, le balancement permanent entre humour, nostalgie, suspense et gourmandise constituent une mosaïque pleine de fantaisie.
Porte Louise est une sorte de polar, de roman d’espionnage. Plus encore, c’est le roman du souvenir et de la réminiscence, l’histoire d’une femme émouvante, lancée dans une quête progressant par cercles concentriques jusqu’au coup de théâtre final.
http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=...
"Porte Louise est un roman d’espionnage plus proche de ceux de John Le Carré ou de Vladimir Volkoff que de ceux de Gérard de Villiers ou de Ian Fleming. Mais en le lisant c’est surtout au film d’Éric Rohmer, Triple Agent, que nous avons songé, éprouvant le même plaisir à la lecture de l’un qu’au visionnage de l’autre. Comme l’écriture cinématographique de Rohmer, la langue de Christopher Gérard est élégante, concise et précise. Mais il écrit aussi avec gourmandise lorsqu’il évoque une dégustation de charcuterie du Sud-Ouest arrosée de « deux fillettes de Chinon frais, légèrement fumé […] doux comme du lait »,"
D. Marc, sur le site Polemia
« Christopher Gérard, infatigable piéton de Bruxelles, infatigable lecteur, infatigable fouineur, excentrique rêveur. »
Jacques Franck, La Libre Belgique
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/569231/porte...
Un entretien radiophonique sur Porte louise:
http://www.demandezleprogramme.be/Bruxelles-a-un-nouveau-...
Superbe chronique de l'écrivain et éditeur Arnaud Bordes:
"Aussi Porte Louise est-il un roman qui sans cesse balance entre le Contingent et le Nécessaire, autrement dit entre le monde changeant des apparences et le monde invariant de l'Etre.
C'est aussi un style, un art de vivre, fait de désinvolture et de profondeur, d'élégance réactionnaire et de gourmandise, qui pourrait être de quelque littéraire hussard de naguère.
http://www.lavielitteraire.fr/index.php/porte-louise
«Etrange Bruxelles que celui de Christopher Gérard, déglingué, improbable, sans conteste attachant. Chaque page respire l'allégresse d'une histoire menée allegro vivace,
sinon allegro con brio»
Alfred Eibel, Valeurs actuelles
http://www.valeursactuelles.com/culture/guide-livres/guid...
"La visite croisée des univers du "troisième homme" et de Valery Larbaud, en somme !"
Christian Dedet
« Votre intrigue est passionnante, rondement menée et…plausible ! »
Pierre Joannon
"Sa jubilation textuelle, votre façon de toucher la cible, ce vocabulaire jamais gratuit..."
Guy Vaes
"Un jeu diabolique (...) un roman plus proche de la réalité
que toutes les compilations des historiens."
Michel Déon
"Alacrité est le terme qui me vient à l'esprit,
celui qu'impose la succulence de vos pages."
David Mata
"A lire d'un trait, en en s'interrompant
que pour noter les bonnes adresses bruxelloises."
Alain Lefebvre, Juliette et Victor
19:30 Publié dans Opera omnia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, bruxelles
28 octobre 2010
Le sismographe du professeur Matzneff
« Cette histoire en forme de sismographe » : ainsi Gabriel Matzneff définit-il son trente-septième livre dans l’envoi manuscrit qui orne mon exemplaire de ce drôle de livre, qualifié par l’éditeur de « roman électronique ».
De quoi s’agit-il ? D’un choix d’émiles, ces courriels adressés de 2005 à 2010 par Gabriel Matzneff alias Gab la Rafale* (son pseudonyme dans les armées de la République) à une pléiade d’amis, d’éditeurs (plus ou moins amis), d’artistes, de libraires, de lecteurs, d’archimandrites… et, last but not least, de dames majeures (qui reçoivent parfois le même message !).
Pourquoi diables émile ? Parce qu’e-mail n’est guère euphonique, et courriel trop officiel. En outre, n’est-ce pas là une délicate manière de rendre hommage à deux proches de l’écrivain, Cioran et Littré ? Va pour émile, charmant vocable imaginé par le regretté Alphonse Dulaurier.
Gabriel Matzneff innove donc en créant un genre, « qui s’accorde à ma physis d’impatient, de vif-argent ». L’ouvrage complète les fameux Carnets noirs, sur un ton plus primesautier encore, tour à tour amer et enjoué, grave ou farceur et, en un mot : vivant. Car je mentirais en niant ma perplexité à la réception de cet aérolithe, vite envolée dès les premières pages par la grâce de la Matzneff touch : si ce livre s’est fait sans papier ni crayon, la patte de l’écrivain s’impose à chaque clic, - souveraine.
L’avantage de ce genre de roman est que l’on peut sauter des pages (par exemple sur des amours parfois bien compliquées) sans perdre le ou les personnages de son choix, puisqu’il suffit de repérer le prénom suivi de l’initiale du patronyme pour suivre un dialogue noué, parfois depuis des dizaines d’années. Je songe aux propos échangés avec Alain de B(enoist), qui montrent la profondeur de leur amitié, avec Michel M(armin), à qui le lie une commune passion pour le cinéma. Au fil des pages, apparaissent tel padrino – car ce roman s’écrit aussi en italien- des Lettres parisiennes, tel éditeur, ou encore quelques-uns des membres de la défunte Société des Amis de Gab la Rafale, sabordée dans des conditions lamentables par ceux-là mêmes qui auraient dû – et pu – la maintenir.
Le ton, disais-je. Celui, ironique ou désabusé, de l’antimoderne ; celui, agaçant ou empli de prévenances, de l’homme de lettres. Vif, dépourvu du moindre atome de lourdeur. Impertinent sans jamais se réduire à des pirouettes, sur la politique française (Ségolène R. !) ou mondiale (l’hyperpuissance et sa politique de la canonnière, la nouvelle bourgeoisie et sa vulgarité,…). Gourmand, nostalgique (les femmes oublieuses, les amis disparus, la Russie absente, …), érudit (nos chers Romains, le cinéma, la langue italienne !). Quelques plaintes : l’âge et ses blessures, le milieu littéraire et ses bassesses, l’argent rare. Des conseils, diététiques ou philosophiques. Un zeste de théologie sensible. Et, pour finir, l’annonce de la mort volontaire de Christian Cambuzat, un ami de trente-cinq ans.
Et ce dernier émile, bouleversant, au cher Jacques C. : « Ah carissimo, nous sommes des lucioles, et le bonheur un dieu fugace. »
Et l’amitié, une déesse vénérée, caro Gab.
Christopher Gérard
* Dans certains services cis- et transalpins, l’homme est aussi connu sous le nom de Mistigri.
Gabriel Matzneff, Les Emiles de Gab la Rafale, roman électronique, Ed. Leo Scheer, 360 pages, 20€
16:42 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, matzneff, roman
18 octobre 2007
Maugis
Poète et fin lettré, François d'Aygremont a été initié sous le nom de Maugis aux mystères d'une société secrète remontant à la Grèce antique. Fils posthume d'un héros de la Grande Guerre, le jeune homme au cœur pur affronte diverses tempêtes: la guerre dans les tranchées du Canal Albert et dans les forêts d'Ardenne, l'action clandestine au sein d'un réseau de renseignement et d'aide aux Hébreux persécutés, des amours candides ou vénéneuses, une mission secrète en Irlande, une descente dans les ténèbres infernales et puis la fuite éperdue à travers l'Europe ruinée par les Grandes Conflagrations. Une somme d'épreuves qui, d'Oxford à Bénarès, permettront au poète aux yeux émeraude de lever le voile qui recouvre les circonstances obscures de sa naissance et de découvrir sa vraie nature. Roman initiatique, Maugis entraîne le lecteur dans une quête envoûtante, dans un monde magique à la lumineuse pureté. Ce périple romantique, qui évoque Nerval et Hölderlin, propose aussi une subtile méditation sur le destin, l'art et l'amour, incarné au fil des pages par trois fascinantes figures féminines.
"Ce Maugis est une épopée historique et intime aussi raffinée qu'enlevée". Pascale Haubruge, Le Soir
"Un livre étrange et beau, qui pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses." France Bastia, La Revue générale
"Bref, autour de l'énigme du monde, le voyage initiatique et la quête d'un illuminé de la plus lointaine histoire poétique comme de la plus haute sagesse intemporelle" Pol Vandromme, Valeurs actuelles
"Nous avons cette chance d'assister, en temps réel, à l'érection d'une de ces structures quadriphoniques que le génie de Lawrence Durell avait initiées avec son fabuleux Quatuor d'Alexandrie (…) Christopher Gérard nous a livré un chef-d'œuvre, un livre d'une richesse incroyable et d'une densité extraordinaire." André Murcie, Incitatus
"Ce qui importe dans ce roman, ce qui en fait l'intérêt et le charme - en l'occurrence, s'impose évidemment le sens fort du latin carmen! -, c'est qu'il développe des harmoniques transcendant le temps et l'espace. L'errance se confond avec le voyage intérieur. (…) Une tentative, à travers la fiction, de réenchantement du monde." P.-L. Moudenc, Rivarol
"Ce livre insiste sur la fonction initiatique et libératrice de la poésie. Ce n'est donc pas seulement l'Ancienne Religion que défend Christopher Gérard, ce sont, hors-temps, les voies du Réel." Rémy Boyer, La Lettre du Crocodile
"Christopher Gérard appartient à la nouvelle cohorte d'écrivains qui ont entrepris de réenchanter l'univers dépeuplé de ses dieux, désertifié par le matérialisme, monde lunaire où des individus erratiques, solitaires, déracinés, aveugles, avides, se croisent, se heurtent, …" Michel Mourlet, La Revue littéraire
"Le rythme tacitéen suffit à m'enchaîner, à me condamner à l'assentiment. Le moyen de n'aller pas au bout d'un livre si bien écrit? Le moyen de ne pas succomber au charme d'un écrivain qui prétend conter l'histoire récente dans la langue des Maîtres - chaque guerrier est Patrocle et Achille et le champ de bataille, toujours, a le visage des faubourgs de Troie? (…) Heureux Christopher, le monde moderne est venu, le hideux XIXè siècle suivi du non moins exécrable XXè, sans contaminer votre plume ou polluer votre esprit!" Sarah Vajda, Les Epées
"Tout un chacun ne goûtera pas ce style en ligne claire, cette prose solsticiale au classicisme épuré, écrite "à contre-mode" comme le constate Pol Vandromme." Frédéric Saenen, Parutions.com
"Maugis est un roman initiatique au vrai sens du terme, qui dans un style d'une clarté chantante, proche de Matzneff et de Montherlant, nous conte les tribulations et les pérégrinations de François d'Aygremont". Luc-Olivier d'Algange, Eléments
"Maugis ravira les amateurs de littérature bien ordonnée, un rien sévère, les lecteurs d'intrigues policières comme les chercheurs en ésotérisme." Arnaud Bordes, Le Journal de la Culture
"Surprenant parcours, de l'université d'Oxford au toit du monde, où les oies sauvages rejoignent des dieux pour le moins exotiques." Jean Mabire, Nouvelle Revue d'Histoire
"Ernst Jünger l'ambigu aurait apprécié votre secrète épopée. (…) Grand merci, cher Poète, de m'avoir offert l'occasion d'une lecture différente." Guy Vaes
"Bref, tout au long de votre roman, j'ai passé la frontière entre l'immédiat et l'au-delà des apparences, plongé dans cette lecture du monde qui est le propre de notre lumina le plus intime." Jacques Henrard
"Vous devez vous amuser prodigieusement en écrivant. D'accord, on n'écrit pas pour tromper l'ennui (encore que certains…), mais chez vous c'est une joie évidente. (…) Vous êtes un écrivain somptueusement décadent: cela manque!" Alain Bosquet de Thoran
"En vous félicitant d'écrire à contre-temps de notre époque si peu spirituelle". Michel Déon
"Je lis ce roman comme une victoire décisive remportée sur la linéarité. Maugis enchante au sens fort du terme." Luc-Olivier d'Algange
"Vous nous offrez l'antidote nécessaire à la médiocrité, à la petitesse, et au néant contemporains." Jacques d'Arribehaude
"C'est d'un véritable joyau qu'aimé des dieux Christopher Gérard nous fait ici le don." David Mata
"Je vais lire Maugis et je suis sûr de ne pas y trouver de fausse monnaie." Jean Raspail
"Un Abellio qui saurait écrire… Voilà CG, intelligent comme un diable, élégant comme Byron, cavalier comme Stendhal, profond comme Billy Wilder c'est-à-dire avec légèreté et c'est là toute la grâce de votre livre, cette façon de traiter de choses graves avec désinvolture. Heureuse qu'il existe dans ce camp où beaucoup firent le choix de Sparte contre Athènes un garçon tel que vous." Sarah Vajda
« Maugis, dont la lecture m’a ravi par la qualité du style, avec des phrases qui semblent gravées dans le bronze de l’Antiquité. » Ghislain de Diesbach
« J’ai le vrai plaisir de vous dire que j’aime beaucoup Maugis. Vraiment et profondément. Belle écriture, classique et nervalienne. Plaisir à se retrouver dans le monde des poètes missionnés, de Virgile à Hölderlin. Dans le souvenir lumineux de cette Hellade au principe de ce que nous sommes et de tout ce que nous aimions quand la pensée marchait à l’endroit. Plaisir à retrouver des lieux et des microcosmes aimés, comme la Bruxelles des Solvay. Comme cette Rome de nos jeunesses… » Christian Dedet
« Je dois vous avouer que j’ai beaucoup et très vivement apprécié votre roman Maugis, sur lequel je me suis réservé le droit de faire un important article, livrer toutes les raisons, y inclus les plus cachées, de la fascination obstinée que ce roman n’a pas fini d’exercer sur moi. » Jean Parvulesco, La Presse littéraire
16:40 Publié dans Opera omnia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, réalisme magique


