28 octobre 2009
Michel Déon
Avec Lettres de château (Gallimard), Michel Déon nous offre un splendide exercice d’admiration. Alors que tant d'écrivains oscillent quand il s'agit de rendre hommage à leurs enchanteurs, Déon choisit de leur rendre une visite de digestion. Un lettré salue ceux qui l'ont nourri - peintres et poètes - avec une épatante capacité d’émerveillement, juste ce qu'il faut d'humour, beaucoup de gratitude et, last but not least, de réels moments de grâce. Ses pages sur Nicolas Poussin suscitent ainsi un bonheur qui rappellera la lecture d'Un déjeuner de soleil ou des Poneys sauvages. En quelques lignes lumineuses, Déon partage ses réflexions sur un peintre qui "a abordé des rivages inconnus, dialogué avec des puissances ou ténébreuses ou radieuses". Toulet (Déon prononce le t final), Braque et Manet, Apollinaire et Conrad nous valent des pages témoignant d'une éblouissante maîtrise sans rien de brillant. Non, simplement, un gentilhomme nous guide dans sa mémoire et restitue un monde, celui de l'Europe civilisée.
Tous les aficionados de Déon liront donc ce livre… et prieront le libraire Eric Fosse ( fossefosse.e@wanadoo.fr) de leur céder, à prix d’or s’il le faut, le catalogue qu’il a édité à l’occasion des 90 printemps de MD : belle préface de Pierre Joannon (connu de tous les amoureux de l’Irlande comme des déoniens – it’s all the same). Et des raretés : le mythique Adieu à Sheila (Robert Laffont, Marseille, 1944, avec envoi), Amours perdues (Bordas, 1944), des grands papiers en veux-tu en voilà, des E.O. par dizaines, la Lettre à un jeune Rastignac (celui-là, je l’ai !) avec envoi à Raoul Girardet, des éditions rares illustrées, le manuscrit d’Ariane à Naxos relié par Miguet, celui du Dieu pâle (que MD semble considérer comme un péché de jeunesse), bref : Byzance.
Surtout, l’E.O. de Plaisirs, par Michel Férou, aux éditions de Paris, la mythique série blonde : le roman coquin de l’ermite de Tynagh.
Christopher Gérard
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13 octobre 2009
Langendorf
Plus connu en Italie et dans le monde germanique que dans son Helvétie natale, Langendorf est l’auteur d’un livre culte, Un débat au Kurdistan (1969), où ce spécialiste de la pensée stratégique illustrait une philosophie du renseignement. Féru d’histoire militaire, fasciné par les empires austro-hongrois et ottoman, Langendorf a aussi écrit sur la mystique, l’érotisme, les ours ou les tortues ; bref, l’homme fait montre d’une érudition allègre, jamais gratuite. Son dernier roman, Zanzibar 14, nous plonge dans les touffeurs de l’Afrique orientale, à la veille de la grande conflagration. Nous y suivons à la trace Wilhelm von Kampe, alias le Docteur Auberson, alias Monsieur Albert, alias Mister Camp, un Nachtrichtenoffizier au service du Kaiser. Agent efficace, doté d’un instinct sûr et d’un remarquable sens de l’observation, cet espion qui se fait passer pour un médecin suisse amateur de papillons renseigne Berlin sur les mouvements de la Royal Navy dans une zone stratégique. A perfect spy ? Presque, car notre prédateur a un défaut : le goût du meurtre (au cran d’arrêt, seize centimètres). Un commander venu de Londres, chargé d’enrayer par tous les moyens l’infiltration d’agents allemands du Congo au Mozambique, le piste. Tous les moyens ? Même les plus inattendus, qui tiennent du supplice chinois et de la cuisine, car Langendorf a vu Le Festin de Babette. Un roman pervers et jubilatoire.
Christopher Gérard
Jean-Jacques Langendorf, Zanzibar 14, Ed. Infolio.
21:02 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
12 octobre 2009
Aux Armes de Bruxelles
L’Age d’Homme a publié en mars mon dernier ouvrage: Aux Armes de Bruxelles, portrait contrasté d’une ville trop méconnue, y compris par ses propres habitants. A la suite du héros de cette quête amoureuse, lancé à la recherche de la mystérieuse Louise, le lecteur flâne au fil des saisons dans les rues et les parcs de Bruxelles. Il se recueille dans les églises et rêve dans les musées, pousse la porte de boutiques puis s’attable dans des restaurants et des salons de thé avant de rencontrer des antiquaires et des libraires hors du commun. Au cours de cette pérégrination où se mêlent le passé et le présent, il croise Baudelaire et Charles Quint, Ghelderode et Horta, Bruegel et Tintin. Il part à la découverte de lieux singuliers – et de bonnes adresses - sur les traces d’artistes célèbres, dans l'atmosphère typique d’une certaine Belgique, charnelle et magique.
Ouvrage unique en son genre, Aux Armes de Bruxelles est à la fois un guide littéraire et un récit gourmand: un livre de savoir et de plaisir.
Aux Armes de Bruxelles
récit,Collection La petite Belgique,
dirigée par Jean-Baptiste Baronian
186 p., 19 €
http://www.lagedhomme.com/boutique/<...
L'ouvrage d'un collectionneur d'antiques qui aurait trempé une fibule dans l'encre du souvenir. (...)
Une petite douceur qui envoûte par un effet de sortilège tout ghelderodien.
R. Demaeseneer, Le Carnet et les Instants, octobre 2009
Un parcours de lettré et d'épicurien,
un guide de toutes les gourmandises du corps, du coeur et de l'esprit.
Et bellement écrit.
France Bastia, Revue générale, septembre 2009
Léger, vif, jubilatoire, euphorique, espiègle. C’est le ton d’un mousquetaire septentrional qui connaît tous les secrets de sa capitale et nous les fait partager. (…) Christopher Gérard est délicieusement gourmand, il sait préparer les plats tout autant que les livres. Sous sa main experte, l’initiation à sa ville devient comme une dégustation à livre ouvert. Les arts de la plume et de la table y voisinent. Alexandre Dumas et Brillat-Savarin réunis.
François-Laurent Balssa, Le Choc du mois, juin 2009
"Un quadrillage alerte, considérablement plus précis et peuplé de fantômes que les guides habituels"
Claire Devarrieux, Libération du 18 juin 2009
Le livre a aussi été salué par Jacques De Decker dans Le Soir du 27 février : « un livre délicieux, dont on peut dire qu’il est un des plus fervents que la ville ait inspirés ; (…) L’auteur se promène dans Bruxelles comme autour de sa chambre, (…) il pérégrine parmi ses lieux d’élection, librairies, jardins publics, musées, maisons de thé et autres étapes hospitalières d’une capitale dont il nous confirme qu’elle est imprégnée d’un art de vivre sans équivalent. (…) Il nous donne là un ouvrage qui deviendra un talisman que se recommanderont les Bruxellois de souche et de cœur, et un sésame indispensable à ceux qui se sentent la vocation de les rejoindre. »
http://www.lesoir.be/culture/livres/un-sesame-pour-bruxel...
et, à la radio, au micro de l'écrivain Jean Jauniaux:
http://www.demandezleprogramme.be/Aux-Armes-de-Bruxelles-...
Dans La Libre Belgique du 6 mars, Jacques Franck a salué l'ouvrage en termes fort élogieux:
"Christopher Gérard, infatigable piéton de Bruxelles, infatigable lecteur, infatigable fouineur, excentrique rêveur."
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/486604/ces-r...
ou, sur parutions.com, la chaleureuse chronique de l'écrivain Frédéric Saenen:
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&sr...
Dans Valeurs actuelles, l'écrivain Bruno de Cessole loue "une délicieuse flânerie dans un haut lieu de la civilisation du Saint-Empire, sous la conduite d'un guide qui sait à la fois voir, décrypter, décrire et écrire."
http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/...
"Vous avez l'imagination nervalienne et rien n'est plus rare aujourd'hui"
Philippe Barthelet
"Plaisant et badin, poli et polisson, curieux et culturel, inédit et érudit, gourmand et gastronome...
brisons là la litanie des adjectifs pour me suffire d'un mot: régal."
Bernard Rio
"Ainsi, grâce à votre texte à la foix charmeur et savant, je finirai par me souvenir de ce que j'ai manqué
- oui, tout cela est exquis et douloureux."
Guy Vaes
" L'auteur traverse la ville comme il traverse la vie, dévoilant ce qu'on ne sait voir, décryptant un passé enseveli sous les ruines d'un monde qui ne demande qu'à renaître."
Alain Lefebvre, Juliette et Victor
"Il faut savoir flâner, s'attarder, savoir perdre un peu de temps, et vous le faites de façon raffinée.
Ghislain de Diesbach
"Christopher Gérard arpente les venelles de Bruxelles en digne fils de cette histoire tourmentée et ensanglantée,
il est le soldat perdu de l'Empire qui ne veut pas mourir.(...)
Il réalise l'impossible union, celle de la plume et de l'épée, celle de la pierre des bâtisseurs et celle philosophale. Rouge du sang des frères humains, et d'or comme les promesses de l'esprit."
André Murcie, Orpheus
Aux Armes de Bruxelles vient de faire l'objet d'une remarquable chronique sur le site
http://www.europemaxima.com/spip.php?article462
sous le titre "Les Fils d'Ariane. Promenade dans une capitale d'Empire" à la date du 30 mai 2009.
19:03 Publié dans Opera omnia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bruxelles, littérature, belgique, récit


