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26 novembre 2014

Livr'Arbitres

 

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Livr’Arbitres

 

La parution de la quinzième livraison de Livr’Arbitres, n’est-elle pas l’occasion rêvée de se pencher sur cette « revue littéraire du pays réel », née, si je me souviens bien, en pays messin  vers la fin de l’autre siècle. Je dois conserver quelque part dans mes archives un exemplaire du Baucent, sympathique brûlot d’esprit « hussard », un polycopié réalisé avec les moyens du bord par une phalange d’étudiants, parmi lesquels Patrick Wagner, l’actuel directeur de Livr’Arbitres (http://livr-arbitres.com/), et le cher Laurent Schang, ceinture noire d’aïkido et l’auteur de quelques livres singuliers. En quinze ans, si l’un et l’autre ont vu se dégarnir leur front altier, ils n’ont toutefois rien perdu de leur enthousiasme ni de leur insolence. D’inspiration maurrassienne (la référence au pays réel) et néo-conservatrice au sens large, la revue s’est plu à saluer les grands anciens, non sans risquer, il est vrai, de se cantonner au rôle de musée de la droite littéraire : ont eu droit à des numéros spéciaux Blondin, Aymé, Chardonne, Laudenbach, Sentein, aujourd’hui Haedens et demain le délicat Fraigneau. On songe, en moins théorique (littérature d’abord !) à la défunte revue Réaction (1991-1994) ou à Les Epées, qui brandirent chacune l’étendard des non-conformistes des années 30, celui d’une rébellion aristocratique.

Livr’Arbitres  a opté pour des textes courts, parfois trop à mon goût, critiques de livres, nouvelles (inégales) et bien sûr dossiers fournis. Aux grands ancêtres cités plus haut s’ajoutent des thèmes tels que la tauromachie, le dandysme, la Russie… Au large du siècle, non sans panache... et avec une jolie maquette. Ce sympathique cénacle organise des soirées très courues, où l'on boit du chinon en baratinant des lectrices au sourire ensorcelant.

Parmi les signatures actuelles, qui sont autant d’autorités « morales » (guillemets de rigueur), le ronchon Alain Paucard, l’archiviste Francis Bergeron, Michel Mourlet, l’ancien directeur de Matulu, le cinéphile Philippe d’Hugues, le très-pacifiste Laurent Schang, encore lui, qui parle si bien de son maître Jean-Jacques Langendorf, l’auteur d’un livre talisman, Un Débat au Kurdistan, magnifique récit d’une mission avortée dans la Syrie des années 30. Quelques signatures de petits jeunes aussi, dont une qui m’est chère, celle du punkissime slavo-new-yorkais Thierry Marignac, un boxeur à suivre, dont je ne résiste pas à citer l’extrait d’un programme qui est aussi le mien : « entêtement sur les chemins de traverse, singularité, refus sans appel de participer à la pornographie présente des Lettres ». Puisse Livr’Arbitres persévérer dans cette posture !

 

Christopher Gérard

 

 

03 novembre 2014

Désuet, Christopher Gérard ?

 

 

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Désuet ?

Dans sa note Osbert & autres historiettes, Loïc Di Stefano, du Salon littéraire, (http://salon-litteraire.com/fr/christopher-gerard/review/...) évoque, non sans gentillesse, le caractère désuet de ce livre, voire de mon style.

Désuet est introuvable dans Littré, car le mot n’apparaît qu’à la fin du XIXème, formé sur le participe du verbe latin desuesco : « je me déshabitue » (merci Gaffiot). Mais c’est tout moi, cela : déshabitué ! Je dirais même plus : décontaminé. J’assume, je persiste et signe : désuet, jusqu’au bout des ongles. Et même suranné, voire archaïque, que dis-je ? attardé. Car je m’attarde (en bonne compagnie) loin des blandices du siècle, je musarde tout en gardant à l’esprit que Littré disait des mots tombés en désuétude qu’ils peuvent difficilement être rayés de la langue vivante.  Désuet peut-être, mais coriace.

Écrit par Archaïon dans Mousquetaires et libertins | Lien permanent | Tags : désuet, littérature |  Facebook | |  Imprimer |