20 octobre 2006
IOVI OPTIMO MAXIMO
IOVI OPTIMO MAXIMO. C’est Iuppiter (génitif: Iovis), le Dyáuh védique, qui est ici honoré. Dieu souverain du Ciel lumineux, Roi des Dieux et ordonnateur du Monde, garant du Droit et des serments, il est pour moi l’incarnation de la civilisation. Qu’il se nomme Zeus Hypsistos, Tyr ou Tiwaz, il est le maître du Kosmos, c’est-à-dire de l’Ordre, du Dharma. Vainqueur des Titans et des Géants, Dieu à l’aigle et à la lance: ne dois-je pas me souvenir que, à l’origine, mon nom (Ger-hardt) signifie «le porteur de lance»? Jupiter Conservator est évidemment lié au Mitra indo-iranien, qui allait donner le Mithra de nos légionnaires. Comme lui, il est le Dieu du Contrat et de la justice immanente; il impose aux mortels de réaliser leurs devoirs et de se garder de toute faute. Pour un homme de savoir et de prière, il s’agit bien d’éviter ces crimes que constituent la trahison des serments, les abus de pouvoirs et, bien sûr, l’ignorance. Maître du savoir, il dispense le souffle vital et, en tant que raison universelle, s’impose comme le grand Dieu de la religion cosmique des Indo-Européens. Dyáuh renvoie à une racine indo-européenne commune: *deiwos qui désigne le Dieu céleste, diurne. En dérivent le latin deus: le Dieu (d’où notre « Dieu » français) et dies: le jour. Jupiter illustre le caractère rationnel de la religiosité traditionnelle, qui n’est en rien apocalyptique. Georges Dumézil fait de Jupiter Capitolin le Dieu de la Tradition, qui prolonge la vieille monarchie romaine: «Jupiter n’est pas favorable aux progrès de la plèbe». Voilà qui fait de Iupiter Optimus Maximus la divinité tutélaire des hommes archaïques d’aujourd’hui, révulsés par la vulgarité satisfaite des consommateurs, ces malotrus. Au coeur de la grande dissolution, dans un monde de plus en plus abâtardi, il incarne cette indestructible volonté de hauteur et de distance qui tenaille ceux qui entendent trouver leur propre centre, sourds aux appels des médias qui nous invitent à nous «éclater» davantage. L’homme différencié, l’homme debout, est feu et éther, aigle et soleil; il refuse le nivellement, et donc le métissage, qui lui apparaît comme la pire des déchéances. Dans la religion de mes ancêtres irlandais, Eochaid Ollathair, leur Jupiter, combat les monstres du non-être, ces forces du chaos, du renoncement et du retour à l’indifférencié, qui, sans cesse, reviennent à l’assaut. Voilà sans doute la principale leçon à retenir: tendre à l’effort créatif, sans cesse triompher de ces géants anguipèdes à l’affût de la moindre faiblesse. Songer aux Romains, qui honoraient un Jupiter Stator, celui qui s’arrête, le Résistant, auquel ils sacrifiaient des taureaux blancs.
18:15 Publié dans Mythes et Dieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paganisme, dieux, spiritualité



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